Vie étudiante: «Depuis le début du quinquennat, le nombre de boursiers a augmenté de 11%»

EXCLUSIF Pour « 20 Minutes », la ministre de l’Enseignement supérieur, Najat Vallaud-Belkacem, revient sur les avancées du quinquennat concernant les conditions de vie étudiante…

Delphine Bancaud

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Najat Vallaud Belkacem/Credit:VILLARD/WITT/SIPA
Najat Vallaud Belkacem/Credit:VILLARD/WITT/SIPA — SIPA

Améliorer les conditions de vie des étudiants pour les aider à poursuivre leur cursus. C’était l’un des objectifs du quinquennat de François Hollande, qui s’était fixé comme priorité la jeunesse. Pour 20 Minutes, la ministre de l’Enseignement supérieur, Najat Vallaud-Belkacem, revient sur les avancées dans ce domaine, en mesurant aussi le chemin qu’il reste à accomplir.

Quelle est la progression du nombre de boursiers depuis 2012 ?

Un effort inédit a été porté sur les bourses au cours de ce quinquennat avec 550 millions qui y ont été consacrés. Car les pouvoirs publics ont une responsabilité majeure à veiller à ce que la période d’études ne soit pas une période de galère. Le nombre de boursiers a augmenté de 11 % depuis 2012, ce qui fait qu’aujourd’hui 37 % des étudiants sont boursiers. Un nouvel échelon de bourse a notamment été créé pour 212.000 étudiants de classe moyenne qui ne bénéficiaient jusqu’à présent d’aucune aide. Par ailleurs, 46.000 étudiants parmi les plus modestes ont vu leur bourse revalorisée de 15 %  depuis 2012. Enfin, 2.000 allocations ont vu le jour pour les étudiants en situation d’autonomie avérée. Au total, 260.000 étudiants ont bénéficié d’une augmentation de leur bourse depuis 2012.

Estimez-vous que cela a contribué à démocratiser l’enseignement supérieur ?

Oui très clairement, car 30.000 étudiants supplémentaires entrent chaque année à l’université depuis 2013. Cela a surtout permis à des jeunes de mieux vivre leur période d’études, car un étudiant qui touche une bourse a un taux de réussite en licence  supérieur de 8 points par rapport à celui qui n’en touche pas et connaît des difficultés financières.

Reste que selon l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), 50 % des étudiants travaillent pendant l’année, dont 30 % à temps plein. Ce qui a des conséquences sur leur réussite…

C’est une préoccupation. D’ailleurs, nous avons créé des jobs étudiant de qualité dans les Crous et les Bibliothèques universitaires, avec des horaires permettant aux jeunes de mener de front études et travail salarié. Et depuis le 1er janvier 2016, la prime d’activité permet à certains étudiants salariés de toucher un complément de revenu, ce qui les aide au quotidien. D’ailleurs, 100.000 étudiants en bénéficient déjà.

Le taux d’étudiants endettés progresse aussi et est désormais de 12 %. Comment limiter cette tendance ?

Notamment en préservant le pouvoir d’achat par le gel des tarifs obligatoires pour les étudiants (droits d’inscription à l’université, du ticket de restauration universitaire et de la cotisation d’assurance maladie…), ce que nous avons fait depuis 2015. Nous avons aussi mieux encadré et mieux rémunéré les stages de plus de deux mois, qui sont désormais payés 523 euros par mois (+15 % depuis 2013) et dont les revenus sont désormais défiscalisés, comme ceux des apprentis.

Les organisations étudiantes notent une augmentation du coût de la rentrée étudiante depuis 2012, due à l’augmentation des loyers (+40 euros à Paris selon l’OVE), n’aurait-il pas fallu augmenter les aides aux logements pour les étudiants franciliens ?

Pour répondre à cette problématique-là, dès l’été 2015, l’encadrement des loyers a été mis en place à Paris. Et depuis 2014, en application de laloi Alur, les frais d’agences immobilières ont été limités à 15€/m2. Le loyer est le premier poste de dépenses des étudiants, il fallait agir.

L’objectif gouvernemental visait la construction de 40.000 logements étudiants en 2017. Où en est-on ?

La promesse sera tenue fin 2017 comme on s’y est déjà engagé. A ce jour 27.000 places ont déjà été créées et les autres sont programmées et financées pour sortir d’ici à la fin de l’année. Le rythme de construction de logement étudiants CROUS est beaucoup plus soutenu depuis 2013, qu’entre 2004 et 2012.

Mais seulement 10 à 15 % des étudiants qui ont quitté le nid familial, sont logés dans le parc public alors qu’il y a 26 % de boursiers…

C’est pour cela qu’il faudra poursuivre cet effort inédit concernant lelogement étudiant.

La caution locative étudiante devait bénéficier à 20.000 étudiants en régime de croisière, mais l’objectif n’est pas atteint, pourquoi ?

Elle a profité déjà à 10.300 étudiants mais comme elle est payante, cela a peut-être dissuadé certains jeunes de l’utiliser. C’est pour cela qu’à la rentrée 2017, sera créé le droit universel à la garantie locative, accessible gratuitement aux moins de 30 ans.

Selon l’OVE l’an dernier, 30 % des étudiants ont renoncé à aller voir un médecin pour des raisons financières. Il semble que leur accès aux soins n’ait pas beaucoup progressé pendant le quinquennat…

Je ne suis pas d’accord, car pour renforcer l'accès aux soins, nous avons créé cinq centres de santé universitaires depuis 2012 et nous avons étendu la possibilité de bénéficier de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) aux étudiants isolés en situation précaire. Nous avons aussi simplifié les démarches en cas de changement de situation (à la fin des études par exemple) afin d’éviter toute rupture dans la couverture sociale.

Vous visiez 136.000 bénéficiaires de l’Arpe (aide financière à la recherche d’un premier emploi), qui est un nouveau soutien financier aux jeunes diplômés. Il semble que l’on en soit encore loin du compte…

Elle a déjà bénéficié à 30.000 jeunes diplômés, ce qui est un bon démarrage pour un dispositif qui est entré en vigueur en août dernier. Il va monter en charge progressivement, quand les étudiants le connaîtront mieux.