Affaire Théo: D’autres témoignages de victimes accablent la police

VIOLENCES D’autres jeunes font état d’interpellations musclées et de « violences » de la part des forces de l’ordre…

H. B.
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Des gendarmes face à des manifestants en soutien à Théo, le 10 février 2017 à Marseille.
Des gendarmes face à des manifestants en soutien à Théo, le 10 février 2017 à Marseille. — AFP

L’affaire Théo a-t-elle permis de briser le silence qui pèse sur d’autres affaires ? Après la médiatisation de l’interpellation violente dont a été victime le jeune homme à Aulnay-sous-Bois, d’autres voix s’élèvent désormais pour dénoncer les « méthodes » de la police. Plusieurs témoignages diffusés dans les médias ces derniers jours font état d’interpellations musclées et de « violences » de la part des forces de l’ordre.

Alexandre, blessé par une matraque, accuse aussi la police de viol

C’est le cas d’Alexandre, dont l’histoire ressemble étrangement à celle de Théo. En octobre 2015, le jeune homme a été gravement blessé à l’anus par la matraque d’un policier municipal de Drancy  en Seine-Saint-Denis, révèle BFMTV. « J’avais les mains menottées dans le dos. Je vois les sièges rabattus, je dis que je rentre pas dans la voiture, que je ne suis pas un chien. Quand j’ai la moitié du corps dans la voiture, je sens la pénétration de la matraque qui rentre dans mes fesses. C’était une douleur atroce, j’ai crié », a raconté Alexandre à BFMTV.

« Le médecin qui m’a ausculté m’a dit que j’avais une ouverture anale de 1,5 centimètre, qu’il fallait un, deux ou trois points de suture », a ajouté le jeune homme qui a porté plainte, mais dont la justice n’a pas reconnu le viol.

Mohamed, ami de Théo, affirme aussi avoir été « passé à tabac »

Dans le sillage de l’affaire Théo, un autre témoignage vient accabler les forces de l’ordre. Il s’agit cette fois d’un ami de Théo, Mohamed, qui réside également à Aulnay-sous-Bois. Le jeune homme raconte qu’une semaine avant que Théo ne soit violemment interpellé, lui aussi a été « passé à tabac » par la police, révèle ce mardi L’Obs. Selon lui, il s’agirait des mêmes policiers de la BST (brigade spécialisée de terrain) que Théo.

Les faits se seraient déroulés le 26 janvier après un contrôle d’identité qui aurait dégénéré. « Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu’ils m’ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de » sale noir «, de » salope «, ils me crachent dessus », raconte Mohamed à L’Obs.

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Le ministre de l’Intérieur Bruno a saisi ce mardi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre de cette nouvelle affaire.