Violences urbaines: Le gouvernement appelle au «calme», Hollande se déplace en Seine-Saint-Denis

INCIDENTS « L’émotion légitime » suscitée par l’affaire Théo « ne saurait en rien justifier » ces « violences inacceptables », a notamment déclaré Bernard Cazeneuve…

20 Minutes avec AFP

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Après Bobigny samedi, des incidents ont éclaté ce dimanche à Argenteuil.
Après Bobigny samedi, des incidents ont éclaté ce dimanche à Argenteuil. — Arnaud Andrieu/SIPA

L’exécutif tente de calmer le jeu. Le gouvernement a lancé ce mardi un appel au « calme » après les incidents qui se sont enchaînés depuis plus d’une semaine en banlieue parisienne et qui se sont poursuivis lundi soir, dans le sillage de l’affaire Théo, victime d’un viol présumé lors d’une interpellation.

Selon un premier bilan établi peu avant minuit ce lundi, douze personnes ont été interpellées en Seine-Saint-Denis, où trois véhicules ont été incendiés et une vingtaine de feux de poubelles recensés. Les incidents ont notamment touché les villes d’Epinay-sur-Seine, Clichy-sous-Bois et Neuilly-Plaisance, selon une source préfectorale.

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Des heurts ont aussi éclaté à Goussainville(Val-d’Oise) où une quarantaine de jeunes ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre. Un passant a été légèrement blessé par « des débris de cocktail Molotov », selon la préfecture. Les échauffourées ont pris fin à 22 h 40. Deux personnes ont par ailleurs été interpellées à Dijon, après une manifestation de 150 personnes en soutien au jeune homme, qui dit avoir été violé par un policier avec une matraque lors de son interpellation le 2 février.

Le Président en visite à Aubervilliers

Ce lundi, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux avait déjà appelé « au calme », « à la responsabilité » et « à la confiance dans la justice ». Il a condamné dans le même temps les violences de ce week-end à Bobigny, où une manifestation pour réclamer « Justice pour Théo » a dégénéré en multiples dégradations, et à Argenteuil.

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« L’émotion légitime » suscitée par l’affaire Théo « ne saurait en rien justifier » ces « violences inacceptables », a affirmé de son côté le Premier ministre Bernard Cazeneuve. Il recevait à Matignon des associations antiracistes, alors que les incidents ont remis les banlieues dans le débat à deux mois de l’élection présidentielle.

François Hollande, qui s’était déplacé au chevet du jeune homme la semaine dernière, se rend mardi matin à Aubervilliers pour un déplacement consacré à l’emploi des jeunes, fortement touchés par le chômage dans les quartiers.