VIDEO. «Théo n'est pas l'affaire de trop, parce que ça arrive tous les jours»... Nous étions à la manif en soutien à Théo

REPORTAGE Environ 2.000 personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Bobigny pour demander justice pour Théo...

Clémence Apetogbor

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Durant une heure et demi, divers intervenants se sont relayés au micro pour interpeller la foule réunie devant le tribunal de Bobigny, samedi 11 février.
Durant une heure et demi, divers intervenants se sont relayés au micro pour interpeller la foule réunie devant le tribunal de Bobigny, samedi 11 février. — C. A.

Ils sont venus réclamer « justice pour Théo », Adama Traoré, Lamine Dieng… et toutes les victimes de violences policières. Plusieurs centaines de personnes - environ 2.000 selon la préfecture - se sont réunies ce samedi, sous quelques flocons de neige, devant le tribunal de grande instance de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. De nombreuses pancartes « justice pour Théo », «je suis Bamboula», « justice pour Adama Traoré », étaient brandies par des manifestants.

Tour à tour, les organisateurs de ce rassemblement lancé sur les réseaux sociaux ont pris la parole pour dénoncer les violences policières et appelé la foule à faire pression sur les politiques pour faire évoluer la législation sur la légitime défense. D’autres associations étaient de la partie : « Quoi ma gueule ? » contre les contrôles au faciès, en solidarité avec Théo et sa famille, la Ligue de Droits de l’Homme ou encore la coordination « Pas sans nous ».

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« Ce qui s’est passé est ignoble »

« Théo n’est pas l’affaire de trop, parce que ça arrive tous les jours, explique Yanis, 18 ans, originaire de Bobigny et co-créateur de l’événement Facebook à l’origine du rassemblement. C’est ce qui nous fait craquer. C’est un problème qu’il faut aborder politiquement. Il ne faut pas s’arrêter à "il y a des bons flics, il y a des mauvais flics". Il faut se battre contre la loi qui étend la légitime défense », explique le jeune homme, accompagné de sa maman.

Yanis, co-organisateur de l'événement.
Yanis, co-organisateur de l'événement. - C. A.

Fatou Ndiaye est venue pour afficher son soutien à Théo. « La police est là pour défendre tout le monde », tonne-t-elle. « Ce qui s’est passé [l’arrestation violente de Théo à Aulnay-sous-Bois et le viol présumé dont il aurait été victime] est ignoble. En tant que maman d’un garçon noir de 15 ans j’ai peur parce qu’on a l’impression que certaines personnes sont systématiquement contrôlées », estime la blogueuse beauté.

Fatou Ndiaye.
Fatou Ndiaye. - C. A.

Une voiture incendiée

Mais le rassemblement, qui se voulait pacifique et devait déboucher sur une marche qui n’a finalement pas eu lieu, a néanmoins été marqué par des débordements. Des projectiles ont été lancés sur les policiers postés sur une passerelle au-dessus du lieu du rassemblement. De feux d’artifice ont été lancés, entraînant des mouvements de foule. Un véhicule, aux couleurs de RTL, a été incendié.

Face à ces heurts, Fatou Ndiaye dit sa colère. « Il va y avoir des amalgames. Tout ce que l’on va retenir c’est ça, des jeunes qui ont chargé la police. Il ne faut pas non plus stigmatiser les policiers et que les jeunes comprennent que ce n’est pas la réponse appropriée, qu’il faut se montrer intelligent. »

Des débordements condamnés

De son côté, Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis a « fermement condamné les débordements violents qui ont lieu en marge de la manifestation de soutien à Théo. […] Alors que Théo et sa famille ont appelé au calme et à la dignité, l’attaque de divers bâtiments publics ou véhicules est intolérable. »

Pour autant, le rassemblement est jugé réussi pour trois amis venus des 16e et 17e arrondissements de Paris et de Montreuil. « Une voiture a été incendiée c’est vrai, concède tranche une jeune femme du groupe. Mais la majorité des personnes présentes sont venues pour se rassembler et dire son ras-le-bol face aux violences policières. »