Jean-Marie Le Pen mis en examen pour ses propos sur «la fournée»

JUSTICE Même sa fille Marine s'était désolidarisée de lui...

G. N. avec AFP

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Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national, le 5 octobre 2016 à Marseille.
Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national, le 5 octobre 2016 à Marseille. — Claude Paris/AP/SIPA

Jean-Marie Le Pen a été mis en examen jeudi à Paris pour provocation à la haine après ses propos sur la « fournée » tenus en juin 2014, a-t-on appris samedi auprès de son avocat, Me Frédéric Joachim. L’avocat a dénoncé des poursuites fondées sur des propos « volontairement tronqués » auxquels est attribuée une connotation qu’ils n’ont pas.

Coutumier des poursuites judiciaires pour ses déclarations, le président d’honneur du Front national s’en était pris en juin 2014 dans une vidéo diffusée sur le site Internet du Front national aux artistes engagés contre ce parti, comme Guy Bedos et Madonna. Alors qu’on lui avançait le nom de Patrick Bruel, d’origine juive, il avait ajouté : « Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois ! »

Son immunité parlementaire levée

Cette phrase avait suscité des critiques virulentes au sein même du FN, Marine Le Pen estimant qu’il s’agissait d’une « faute politique » et Louis Aliot, un des vice-présidents du parti d’extrême droite, qualifiant le choix de ce terme de « stupide politiquement et consternant ».

« Le mot "fournée" que j’ai employé n’a évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour des ennemis politiques ou des imbéciles », avait réagi Jean-Marie Le Pen. « S’il y a des gens de mon camp qui l’interprètent de cette manière, c’est que ce sont des imbéciles ! » Le Parlement européen a levé fin octobre son immunité parlementaire dans cette affaire.

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