Affaire Théo: Le syndicaliste qui jugeait l'insulte «Bamboula [...] convenable» s'excuse

AULNAY-SOUS-BOIS Luc Poignant, délégué du syndicat Unité SGP Police à Paris, assure ce vendredi « regretter » ses déclarations…

H.S.

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Luc Poignant, chargé de communication du syndicat Unité SGP Police, sur le plateau de l'émission «C dans l'air».
Luc Poignant, chargé de communication du syndicat Unité SGP Police, sur le plateau de l'émission «C dans l'air». — Capture écran France 5

« C’était du direct, je me suis pris les pieds dans le tapis mais ce qui m’est reproché est le contraire de ce que je suis. Si j’ai blessé quelqu’un, je présente mes plus plates excuses », a déclaré ce vendredi matin à 20 Minutes, Luc Poignant, délégué du syndicat de police Unité SGP. Des excuses qui interviennent moins de vingt-quatre heures après son intervention sur le plateau de l’émission C dans l’air diffusée sur France 5 et intitulée « Aulnay : le débat police-citoyens relancé ».

En cause, ses déclarations à la suite du commentaire d’une jeune fille pendant l’émission qui affirmait avoir été « traitée de bamboula » par des policiers. « La version, j’ai la même, je veux rester poli, avait rétorqué le syndicaliste. Parce que les mots « bamboula » (…) d’accord cela ne doit pas se dire, cela reste encore à peu près convenable ». Une sortie immédiatement stoppée d’un « non » par la journaliste Caroline Roux.

« Une polémique dure à vivre »

Pour le syndicaliste, il s’agit d’une « erreur sémantique » : « Je n’ai pas eu le temps de reprendre mon propos, j’expliquais que pour renouer les liens entre police et population, il fallait se parler et se respecter. Un fonctionnaire de police qui a un uniforme sur le dos ne doit pas injurier mais il ne faut pas non plus que les citoyens le fassent. Ce qui me rend malade c’est d’avoir pu blesser des gens, cette polémique est dure à vivre. »

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Malgré ces excuses, les propos du syndicaliste ont été unanimement condamnés par le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, d’autres syndicats de police, diverses personnalités politiques et de nombreux internautes via Twitter. Cette polémique intervient près d’une semaine après la violente interpellation de Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) par quatre fonctionnaires de police. Le jeune homme de 22 ans assure avoir été victime le 2 février d’un viol avec une matraque télescopique au cours de son arrestation. Toujours hospitalisé en raison de graves blessures dans la zone rectale, il s’est vu prescrire 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT).