Aulnay-sous-Bois: La police des polices privilégie la thèse accidentelle à celle du viol délibéré de Théo

JUSTICE Dans ses premières constatations, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a écarté toute idée d'un « viol délibéré » de Théo…

Vincent Vantighem

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Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février.
Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février. — Arnaud Journois / LE PARISIEN / AFP

« C’est dommage que cela intervienne huit jours après les faits, souffle une source policière. Si on avait su cela plus tôt, on aurait pu éviter un embrasement. » Dans ses premières constatations, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a privilégié la thèse accidentelle à celle d’un viol délibéré de Théo, lors de son arrestation qui a mal tourné, le 4 février, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

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Interpellé en marge d’un contrôle de routine qui a mal tourné, Théo, 22 ans, aurait subi un coup de matraque télescopique occasionnant une « déchirure de l’anus de 10 cm », selon le médecin qui l’a examiné et lui a prescrit soixante jours d’interruption totale de travail. Après ces faits, quatre policiers ont été suspendus. Trois d’entre eux ont été mis en examen pour « violences volontaires », le quatrième pour « viol ».

Aucune « intention délibérée »

« Après avoir visionné toutes les images et enquêté, l’IGPN est plutôt sur la thèse accidentelle », confie une source policière à 20 Minutes, ce jeudi. L’enquête est toujours en cours et la prudence de mise. Mais, selon ces premiers éléments, le policier n’aurait eu aucune « intention délibérée » de violer Théo à l’aide de sa matraque. « Cela n’excuse en rien les violences commises si elles sont illégitimes, poursuit notre source. Mais il y a tout de même un monde entre être violent et être un violeur. »

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Les premières conclusions de l’IGPN ont été transmises, dimanche, à la juge qui instruit toute cette affaire à Bobigny. Selon nos confrères de LCI, elle n’a pas encore pu visionner les images extraites des bandes de vidéosurveillance, en raison d’un problème technique.

«Les investigations se poursuivent», a néanmoins rappelé le parquet de Bobigny dans un communiqué jeudi. «La qualification pénale susceptible d'être appliquée [aux fonctionnaires, ndlr] ne pourra être établie qu'à l'issue de l'information judiciaire», a-t-il souligné.

En parallèle de cette enquête judiciaire, les quatre policiers sont également visés par une enquête disciplinaire interne à la police nationale.