Terrorisme: Petit tour d'horizon des arguments de défense les plus originaux

ATTENTATS Le suspect de l’attaque du Louvre a donné sa version des faits ce lundi…

Marie Lombard

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Jawad Bendaoud, le "logeur" de Saint-Denis
Jawad Bendaoud, le "logeur" de Saint-Denis — Image BFMTV

Depuis le début de l’année 2015, plusieurs attaques terroristes ou tentatives d’attentats terroristes se sont succédées sur le sol français. La dernière en date, supposément liée au djihadisme, a été commise vendredi 3 février dans le centre commercial parisien du Carrousel du Louvre, où Abdallah el-Hamahmy est soupçonné d’avoir agressé des militaires à la machette.

Blessé par les militaires et placé en garde à vue, l’assaillant a donné lundi une explication pour le moins étonnante à son geste. Mais il n’est pas le seul. D’autres suspects d’affaires de terrorisme ont avancé des lignes de défense fantaisistes. Petit tour d’horizon des déclarations les plus originales…

« Je venais juste repeindre les toiles »

Il venait juste se faire une toile. Abdallah el-Hamahmy, s’est d’abord montré silencieux avant de donner sa version des faits lundi. Il s'est ainsi décrit comme un « pacifiste » désirant simplement maculer des toiles pour se venger des bombardements en Syrie et « porter un coup au tourisme français et à son économie ». Il jure par ailleurs n’avoir jamais prévu de s’en prendre à des militaires. Quand aux deux machettes qui lui ont servi à agresser les militaires, elles étaient là pour le « protéger en cas d’intervention des gardes du musée ». D’ailleurs, il a précisé ne pas avoir aiguisé les lames de ses armes blanches, selon LCI.

Abdallah El-Hamahmy, l'agresseur du Louvre
Abdallah El-Hamahmy, l'agresseur du Louvre - Mahmood SHAHIIN / AFP

 

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« Je me tire une balle dans la jambe »

Sid Ahmed Ghlam a donné du fil à retordre aux forces de l’ordre. Soupçonné d’être impliqué dans la tentative d’attentat manquée contre une église de Villejuif (Val-de-Marne) le 19 avril 2015, il a été interpellé quelques jours plus tard et a alors donné une version très personnelle des faits. D’après lui, l’ Etat Islamique lui aurait bien ordonné de commettre un attentat dans l’église mais, effrayé, il aurait préféré se tirer une balle dans la cuisse afin de se faire arrêter par la police plutôt que de subir les violentes représailles que les commanditaires de l’Etat Islamique réservent aux « déserteurs ». Quant à la victime, Aurélie Châtelain, retrouvée morte dans sa voiture près de l’église, elle aurait été abattue par un complice, dont il ne veut pas révéler le nom. Cette version des faits n’a pas convaincu le juge d’instruction, puisque Sid Ahmed Ghlam a été mis en examen pour assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste.

Photo de Sid Ahmed Ghlam prise le 20 avril 2015 et obtenue le 8 décembre 2015
Photo de Sid Ahmed Ghlam prise le 20 avril 2015 et obtenue le 8 décembre 2015 - - OFF

 

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« J’ai trouvé les armes dans un parc »

Ayoub El Khazani est le suspect de l'attaque dans un train Thalys qui reliait Paris à Amsterdam le 21 août 2015. D’après ses déclarations, il s’agissait non pas d’une attaque terroriste mais d’une tentative de dévaliser les passagers. Il comptait en effet « braquer et rançonner » ces derniers avant de prendre la fuite. Quant à la Kalanichkov, au pistolet automatique et aux chargeurs retrouvés dans son sac, il a affirmé qu’il les avait trouvés « par hasard dans un parc de Bruxelles ». Il a été mis en examen pour tentative d’assassinat à caractère terroriste.

 

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« Un auto-stoppeur est entré dans ma voiture »

De Paris à Bruxelles, il aurait été le « taxi » de Salah Abdeslam, organisateur des attentats du 13 novembre. Hamza Attou a été interpellé le 14 novembre par la police belge qui cherchait à connaître son implication dans les attaques de Paris. Dans une première version donnée aux forces de l’ordre belges, il a affirmé avoir accompagné un ami, Mohamed Amri (lui aussi suspecté d’avoir aidé Salah Abdeslam dans sa fuite) pour une visite familiale à Paris. Sur la route du retour, un auto-stoppeur serait monté dans leur voiture, sans « demander l’autorisation », pour faire la route avec eux jusqu’à Bruxelles. Mohamed Amri et Hamza Attou auraient ramené en Belgique un inconnu complet qui de surcroît avait forcé l’entrée dans leur voiture. Hamza Attou a été incarcéré en Belgique avant d’être transféré vers la France où il est mis en examen pour recel de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste.

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« Je loge des inconnus pour rendre service »

Vient le tour du tristement célèbre « logeur de Saint-Denis », Jawad Bendaoud. Celui-ci avait loué l’appartement dans lequel Abdelhamid Abaaoud, sa cousine Hasna Ait Boulahcen et Chakib Akrouh ont été abattus par le Raid le 18 novembre. Interrogé par les médias sur son rôle dans les attentats, il a eu ces mots qui ont par la suite fait le tour des réseaux sociaux : « J’étais pas au courant que c’étaient des terroristes, moi. (…) On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, Monsieur. On m’a demandé d’héberger deux personnes pendant trois jours, j’ai rendu service tout simplement. Je ne sais pas d’où ils viennent, on est au courant de rien, Monsieur. Si je savais, vous croyez que je les aurais hébergés ? » Arrêté en direct sur BFM, il a été mis en examen pour association de malfaiteurs criminels en relation avec une entreprise terroriste et détention en bande organisée d’explosifs et d’armes en relation. Durant le mois de janvier 2017, il a écrit une lettre à Jean-Marc Herbaut, juge à la section antiterroriste de Paris, pour clamer son innocence.

Jawad Bendaoud, le
Jawad Bendaoud, le - Image BFMTV

 

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