Militaires attaqués au Louvre: Le suspect, qui confirme être El-Hamahmy, affirme qu’il voulait juste taguer des œuvres d’art

ENQUETE L’homme a été arrêté vendredi après avoir agressé des militaires…

D.B. avec AFP

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Abdallah El-Hamahmy est soupçonné d'avoir attaqué des militaires français au Louvre, le 4 février 2017.
Abdallah El-Hamahmy est soupçonné d'avoir attaqué des militaires français au Louvre, le 4 février 2017. — Mahmood SHAHIIN / AFP

Il est sorti du silence. Jusqu’alorsl’auteur présumé de l’agression des militaires au musée du Louvre à Paris vendredi avait refusé de parler. Mais selon une source proche de l’enquête, il vient de confirmer aux enquêteurs qu’il était bien Abdallah El-Hamahmy, un Egyptien de 29 ans.

Selon LCI, l’assaillant du musée du Louvre a nié de façon catégorique avoir voulu commettre un attentat meurtrier. Il aurait raconté aux policiers qu'il voulait simplement taguer des œuvres d’art du Louvre avec des bombes de peinture, qui ont par ailleurs été retrouvées dans son sac.

Abdallah El-Hamahmy a également expliqué aux enquêteurs qu'il était pacifiste et que son geste avait pour but de dénoncer les bombardements de l’armée française en Syrie, révèle LCI.

Au cours d'une troisième audition, lundi, l'assaillant, blessé par des tirs de riposte d'un militaire lors de son attaque de vendredi, a donc accepté de répondre aux enquêteurs et a «développé sa première version des faits», a indiqué une source judiciaire, sans plus de détails. Entendu à deux reprises dimanche à l'hôpital européen Georges-Pompidou, il avait alors refusé de parler à la police.

Commercial aux Emirats Arabes Unis

Résidant aux Emirats Arabes Unis, il est entré légalement en France le 26 janvier, avec un visa touristique, par un vol en provenance de Dubaï, avant de séjourner dans un appartement proche des Champs-Elysées, a révélé vendredi le procureur de Paris, François Molins. Selon une source proche de l'enquête, l'appartement au tarif de 1.700 euros avait été réservé en ligne dès le mois de juin, bien avant la demande de visa touristique déposée fin octobre, sous le nom d'Hamahmy et avec les empreintes du suspect. Diplômé en droit, l’homme est commercial dans une entreprise spécialisée dans la protection de l’environnement à Charjah. Il est inconnu des services de police.

Vendredi matin, dans la galerie marchande du Carrousel du Louvre, l'agresseur, une machette dans chaque main, a foncé sur une patrouille de militaires en criant "Allah Akbar". Un premier soldat a été légèrement blessé, un second a tenté de repousser l'assaillant sans user de son arme, avant de tirer à quatre reprises, le blessant grièvement.

Aucune revendication pour l'instant

L'enquête se poursuit sur le passé et les motivations de ce jeune homme apparemment sans histoires. Quel est son parcours ? Pourquoi s'est-il rendu en Turquie en 2015 et 2016 ? A-t-il agi seul ou sur instructions ?

Les enquêteurs ont peu de doutes sur le fait que l'assaillant soit bien Hamahmy, même si des vérifications sont encore en cours.

Aucune revendication n'est venue glorifier à ce stade cette attaque et aucune allégeance à un groupe jihadiste n'a été trouvée lors de la perquisition dans l'appartement loué à Paris. Des enquêteurs ont toutefois retrouvé sur un compte Twitter à son nom des tweets exaltés où il semble apporter son soutien au groupe djihadiste Etat islamique (EI).