Affrontements à Aulnay: les policiers ont tiré en l'air à balles réelles

POLICE Des images de douilles circulent sur les réseaux sociaux…

Lucie Bras

— 

Les restes d'une voiture brûlée à Aulnay-sous-Bois.
Les restes d'une voiture brûlée à Aulnay-sous-Bois. — Alex Turnball/AP/SIPA

A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), les habitants ont entendu des tirs de la part des policiers venus mettre un terme aux affrontements, lundi soir.

La cité de la Rose des Vents a été le théâtre d’une troisième nuit d’incidents, à la suite de l’arrestation très violente de Théo par 4 policiers, jeudi dernier. Depuis ce mardi matin, sur les réseaux sociaux, des images de douilles circulent, sous-entendant que les policiers ont tiré à balles réelles lors des affrontements.

Pourtant, ces photos pourraient se révéler trompeuses. « A première vue, ces photos ne correspondent pas à des douilles de policiers, assure une source anonyme, proche des services de balistique. C’est trop petit et trop fin ».

Si ces douilles ne sont pas celles des policiers, les forces de l’ordre ont pourtant bien tiré en l’air lundi soir. « Des policiers encerclés et acculés, sans aucun autre moyen de défense mis à leur disposition, ont fait usage de leur arme à feu. Ils ont tiré en l’air, il n’y a pas eu de blessé », confirme la Préfecture de Paris.

>> A lire aussi : Aulnay-sous-Bois. Suspension des quatre policiers mis en examen

Ils ont tiré en l’air

Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance Police Nationale, revient sur les événements. « Nos collègues ont été pris à partie. Il y avait des individus avec des barres de fer, des boules de pétanque, des cocktails Molotov, des jets de mortier ou encore des parpaings », raconte-t-il.

Les policiers répliquent par des tirs de Flash-Ball et des grenades lacrymogènes. Jusqu’au moment où ils se retrouvent à court de munitions. « Ils étaient pris dans un guet-apens. Pour disperser les individus, tous les moyens avaient été utilisés. Il ne restait plus qu’un seul moyen : tirer en l’air. » En tout, « une bonne dizaine de balles » ont été utilisées, sans faire de blessés. Dans la soirée, 26 personnes ont été interpellées.

En France, les forces de police ne sont pas autorisées à faire usage de balles réelles, sauf si les assaillants possèdent eux-mêmes des armes à feu. C’est alors considéré comme de la légitime défense.