Des visiteurs  au Carrousel du Louvre, le 4/02/2016, à l'endroit où l'agresseur a été arrêté.
Des visiteurs au Carrousel du Louvre, le 4/02/2016, à l'endroit où l'agresseur a été arrêté. — JACQUES DEMARTHON / AFP

ENQUETE

Militaires attaqués au Louvre: Que sait-on de plus sur l'assaillant?

Les zones d’ombre persistent concernant l’homme arrêté vendredi alors qu’il tentait d’agresser des militaires…

Son geste reste inexplicable étant donné son parcours. Les enquêteurs tentent toujours de découvrir les intentions de l’Egyptien, soupçonné de l’agression de militaires à la machette contre des militaires au musée du Louvre à Paris vendredi. Ses jours n’étant plus en danger, il a été placé en garde à vue à l’hôpital samedi soir. 20 Minutes fait le point sur la personnalité et le parcours de cet homme.

Qui est-il ?

Les enquêteurs pensent que l’homme pourrait être Abdallah El-Hamahmy, sous réserve quecette identité n’ait pas été usurpée. Mais comme l’a indiqué le procureur de la République vendredi, la photo enregistrée dans Visabio, la base de données biométriques des demandeurs de visas, correspond bien aux traits de l’homme arrêté vendredi.

De source proche de l’enquête, il ne fait pas de doute que l’assaillant a bien effectué les démarches pour son visa au nom d’Hamahmy. Et le nom d’Hamahmy est bien celui qui figure sur un permis de conduire délivré aux Emirats en 2011.

Mais rien ne sera totalement confirmé avant le résultat de tests ADN. Pour ce faire, selon la même source, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s’est rapprochée des services spécialisés égyptiens et des contacts vont être pris aussi avec les Emirats arabes unis, où réside Abdallah El-Hamahmy.

Cet Egyptien de 29 ans est inconnu des services de police. Résidant aux Emirats Arabes Unis, il est entré légalement en France le 26 janvier, avec un visa touristique, par un vol en provenance de Dubaï, avant de séjourner dans un appartement proche des Champs-Elysées, a révélé vendredi le procureur de Paris, François Molins. Diplômé en droit, l’homme est commercial dans une entreprise spécialisée dans la protection de l’environnement à Charjah.

Selon son père, Abdallah El-Hamahmy est marié et son épouse, enceinte, se trouve en Arabie saoudite avec leur fils de sept mois.

A-t-il un lien avec l’islamisme radical ?

Aucune marque d’allégeance à un groupe djihadiste n’a été retrouvée lors de la perquisition dans le logement qu’il a loué. Mais des étuis correspondant aux machettes utilisées lors de l’agression du Louvre ont été retrouvés.

Les enquêteurs, qui s’interrogent sur ses motivations et éventuels complices, se penchent sur des tweets postés en arabe sur un compte au nom de Abdallah El Hamahmy. Une dizaine de messages ont été postés entre 9h27 et 9h34, quelques minutes avant l’attaque.

On peut notamment lire « Au nom d’Allah (…) pour nos frères en Syrie et les combattants » et un autre tweet explicite, moins de 20 minutes avant l’attaque : « pas de négociation possible, pas de compromis, pas de pommade à passer, et certainement pas de retour possible. Il n’y a pas de paix dans la guerre ».

Selon François Molins, le passeport d’Abdallah El-Hamahmy montre que l’homme aurait voyagé en Turquie en 2015 et 2016, mais rien d’autre. Et rien ne montre pour le moment qu’il ait eu des contacts avec des complices à Paris.

Que disent de lui ses proches ?

Le père de cet Egyptien, un ancien général de police en retraite, a affirmé que son fils n’avait montré aucun signe de radicalisation et n’avait plus donné de nouvelles depuis vendredi. « Si j’avais reconnu des signes de radicalisation, je ne l’aurais jamais accepté », a-t-il déclaré aux journalistes de France Télévision. Incrédule, il a répété qu’il ne parvenait pas à croire son fils, 1m65, capable de s’attaquer à quatre militaires. Le père a adressé aux enquêteurs les selfies que son fils lui aurait envoyés vendredi avant l’attaque du Louvre. Sur l’une d’elles, publiées par le JDD, on y voit Abdallah El-Hamahmy, léger sourire aux lèvres, se photographiant devant la tour Eiffel et puis la Tour Eiffel du Louvre.

 

Contacté par 20 Minutes vendredi, l’un de ses amis Facebook refuse de croire à cette affaire. « Je ne peux pas croire qu’il ait pu faire un truc pareil, il n’est pas violent. Certains membres de sa famille sont des policiers. Seul un fou peut faire un truc comme ça, et il n’est pas fou. Ce n’est pas possible, il a dû se faire voler son portable ou son passeport », confie ce jeune Egyptien.

Un journaliste de France 2 a également rencontré l’employeur d’Abdallah El-Hamahmy, qui se dit surpris par cette affaire et a été entendu par les policiers sur place.

Que va-t-il advenir de lui ?

L’homme a été placé en garde à vue samedi soir à 18h45 et celle-ci peut durer 96 heures, le délai prévu dans les affaires de terrorisme.Une première audition de l'homme a été organisé ce dimanche par les enquêteurs, mais ce dernier a refusé de parler.