Militaires attaqués au Louvre: Le suspect, un Egyptien de 29 ans, aurait tweeté juste avant l'attaque

TERRORISME Selon le procureur François Molins, le suspect est arrivé le 26 janvier en provenance de Dubaï...

P.B. avec AFP

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Des policiers patrouillent devant le Louvre, le 3 février 2017, après une attaque à la machette contre des militaires.
Des policiers patrouillent devant le Louvre, le 3 février 2017, après une attaque à la machette contre des militaires. — C.ENA/AP/SIPA

Son pronostic vital est « très engagé ». L’auteur de l’attaque contre des militaires, au Louvre, vendredi, n’a pas pu être interrogé par les autorités, mais ces dernières ont pu retracer son parcours. Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, l’identité du suspect n’est pas « formellement établie » mais les soupçons se portent sur un Egyptien de 29 ans inconnu des services de police, qui serait arrivé le 26 janvier à l’aéroport Charles-de-Gaulle depuis Dubaï.

Un Egyptien résidant aux Emirats arabes unis venu avec un visa de touriste

L’enquête a « permis de cibler un individu âgé de 29 ans et de nationalité égyptienne », selon François Molins. La photographie enregistrée dans la base européenne des visas « correspond à celle de l’auteur de l’attaque ». Il a fait une demande de visa de touriste à Dubaï le 30 octobre 2016 et est arrivé à Paris Charles-de-Gaulle le 26 janvier. Les enquêteurs ont retrouvé 965 euros en liquide dans son logement, ainsi qu’un passeport égyptien avec des visas pour l’Arabie saoudite et la Turquie.

Des tweets et une référence à Daesh publiés juste avant l'attaque

Des sources proches de l'enquête ont donné un nom à l'AFP, que d'autres confrères ont publié. N'étant pas en mesure de vérifier l'information –et parce qu'une usurpation d'identité reste possible– 20 Minutes a décidé d'attendre que les autorités identifient officiellement le suspect. Nous avons cependant consulté des comptes Twitter et Facebook –suspendus depuis le milieu de la nuit– d'un Egyptien de 28 ans installé aux Emirats arabes unis.

Il écrit en anglais, le 26 janvier, qu'il «voyage vers Paris France depuis l'aéroport international de Dubaï», ce qui correspond à la chronologie donnée par le procureur de la République de Paris, François Molins, vendredi soir. Et puis entre 9h27 et 9h34, il publie une douzaine de messages en arabe. Son dernier, posté quinze minutes avant l'attaque: «Aucune négociation, aucun compromis...aucune reculade, guerre implacable». Juste avant, il dit agir «au nom d'Allah (...) pour nos frères en Syrie et les combattants du monde entier» et fait référence à Daesh comme «l'Etat de l'Islam (Dawlat al-Islam)», la formule habituelle de ses soutiens.

Un de ses amis refuse d'y croire

Contacté par 20 Minutes, l'un de ses amis Facebook pense qu'il s'agit d'une erreur. « Je ne peux pas croire qu'il ait pu faire un truc pareil, il n'est pas violent. Certains membres de sa famille sont des policiers. Seul un fou peut faire un truc comme ça, et il n'est pas fou. Ce n'est pas possible, il a dû se faire voler son portable ou son passeport», confie ce jeune Egyptien.

Des machettes achetées dans une armurerie parisienne

Le suspect a loué un appartement-hôtel rue de Ponthieu, dans 8e arrondissement pour 1.700 euros la semaine et a loué un véhicule. Le 28 janvier, il a acheté deux machettes dans une armurerie du 11e arrondissement pour 680 euros, payés en liquide.

Une « action terroriste »

Les investigations doivent permettre de « déterminer le parcours mais aussi les motivations de l’auteur et découvrir notamment s’il a agi seul, spontanément, ou au contraire sur instruction », a expliqué François Molins, précisant que les militaires avaient mis fin « à une action terroriste ». Un homme « armé d’une machette dans chaque main, bras levés et pliés derrière la tête », s’est précipité sur quatre militaires de l’opération Sentinelle, en criant « Allah Akbar ». L’assaillant « a frappé à la tête un premier militaire qui le repoussait, il s’est précipité sur un second militaire qui est tombé au sol et a tenté de lui mettre des coups de machette », a précisé le procureur. « Le militaire l’a repoussé à coups de pied. L’auteur s’est alors dirigé vers le militaire au sol qui a tiré une première fois vers la partie de l’abdomen, ce qui n’a pas arrêté l’auteur si bien que le soldat a riposté à nouveau à trois reprises, l’assaillant tombé au sol », a relaté le procureur.