Maladie de Lyme: Le dépistage mis en cause par une femme qui porte plainte pour «tromperie aggravée»

JUSTICE La plaignante met également en cause « le défaut d’information » des laboratoires pharmaceutiques et des autorités sanitaires…

20 Minutes avec AFP

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Les tiques, insectes qui transmettent la maladie de Lyme, peuvent mesurer d'un à six millimètres.
Les tiques, insectes qui transmettent la maladie de Lyme, peuvent mesurer d'un à six millimètres. — California Department of Public Health / Flickr

Elle dénonce « le manque de fiabilité » du dépistage. Une femme atteinte de la maladie de Lyme, infection transmise par les tiques, a déposé plainte à Paris pour « tromperie aggravée » en mettant en cause notamment la fiabilité des tests de diagnostic pratiqués en France, a indiqué vendredi son avocat, confirmant une information du Parisien.

Dans cette plainte, cette mère de famille, résidant dans le Cantal, dénonce la fiabilité de certaines marques de tests de diagnostic, ce qui a eu pour effet de « retarder la prise en charge de sa maladie », a expliqué son avocat, Me Philippe Meilhac.

Les deux tests sur la sellette

La plaignante, qui met en cause « le défaut d’information » des laboratoires pharmaceutiques et des autorités sanitaires, s’interroge sur le maintien de tests en dépit de réserves sur leurs performances émises notamment par un avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) en 2014. En France, deux méthodes de détection, par sérologies, sont appliquées selon des recommandations officielles de 2006 : un premier test baptisé Elisa et un test de confirmation, Western Blot.

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La plaignante, qui « souffrait d’un mal inconnu depuis des mois », avait subi ces tests qui s’étaient révélés négatifs, selon l’avocat, qui a déposé plainte au pôle santé publique du parquet de Paris. « Après une quantité d’autres d’examens », elle avait finalement découvert à l’automne dernier sa maladie en faisant passer son dossier médical pour celui d’un chien auprès d’un laboratoire vétérinaire. Son cas avait alors pu être détecté par le PCR, une méthode alternative par extraction de l’ADN de la bactérie de la maladie de Lyme, la Borrelia.

130 personnes ont déjà assigné cinq laboratoires en réparation des préjudices

Cette démarche vient s’ajouter à une action en responsabilité civile initiée en octobre par deux avocats, Catherine Faivre et Julien Fouray, devant les tribunaux de grande instance de Paris et Nanterre. Cent trente personnes ont déjà assigné cinq laboratoires en réparation des préjudices « liés au retard de diagnostic et à l’aggravation des symptômes », selon Me Julien Fouray. Soixante autres personnes devraient prochainement se joindre à la procédure, selon lui.

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En France, 27.000 nouveaux cas de Lyme, une maladie transmise par les tiques, sont déclarés chaque année. Mais selon l’association « Lyme sans frontières », ce chiffre serait sous-estimé à cause d’un défaut de détection.