Côte-d'Or: Reconnu coupable d'agression sexuelle, un maire attaque sa victime pour diffamation

JUSTICE Le maire LR de la commune de Chevigny-Saint-Sauveur avait été condamné à un an de prison avec sursis...

20 minutes avec agence

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Illustration justice. Tribunal place d'Islande à Strasbourg. Le 29 01 07
Illustration justice. Tribunal place d'Islande à Strasbourg. Le 29 01 07 — G . VARELA / 20 MINUTES

Une victime d’agression sexuelle est jugée ce mardi à Paris après que l’auteur des faits, qui a écopé d’un an de prison avec sursis en juin 2016, l’a attaquée en justice pour « diffamation ».

Le plaignant, Michel Rotger, maire LR de la commune de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or), reproche à la jeune femme, employée par la ville, d’avoir mis en ligne sur Facebook en 2014 des messages qu’il juge insultants et compte demander des dommages et intérêts.

De « l’acharnement judiciaire »

La démarche s’apparente à de « l’acharnement judiciaire », selon l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui était partie civile lors du procès pour « agressions sexuelles aggravées ». L’avocate de la jeune femme, elle, explique dans Le Parisien  que « le préjudice est minime » vu que les posts sur le réseau social « ont dû être vus par 30 personnes au maximum ».

L’élu bourguignon refuse de reconnaître sa culpabilité dans les agressions sexuelles commises en 2013 et 2014 et n’a pas souhaité renoncer à ses responsabilités municipales, même s’il n’a pas fait appel de la décision de justice. « En restant à son poste de maire, il l’empêche d’exercer ses droits et garde une forme d’emprise », s’insurge une représentante de l’AVFT.

La commune a pris en charge les frais d’avocats de l’édile

En tant qu’employeur de la victime devenue accusée, la mairie de Chevigny-Saint-Sauveur a par ailleurs refusé de reconnaître comme maladie professionnelle la dépression dont cette dernière souffre depuis les agressions. La commune a cependant pris en charge les frais d’avocats de l’édile dans le procès qu’il intente à son employée.

Confrontée à des remarques sexistes et racistes, la jeune femme a entre-temps quitté la commune et « vit tant bien que mal », indique son avocate, qui ajoute que « si elle tient encore debout, c’est parce que la justice a reconnu qu’elle n’était pas une menteuse » lors du premier procès.