Projet de loi sur la légitime défense: Des policiers «en colère» défilent à Paris et Toulouse

MANIFESTATIONS Ils ont qualifié «d'enfumage» le projet de loi assouplissant la légitime défense des policiers...

20 Minutes avec agences

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Un policier en uniforme. Illustration.
Un policier en uniforme. Illustration. — Francois Mori/AP/SIPA

« Ce projet de loi, c’est de l’enfumage, le texte sur la légitime défense est trop vague et risque de nous mettre en porte-à-faux. » Une centaine de policiers a manifesté ce jeudi à Paris, du Champ-de-Mars aux Invalides, en réaction au projet de loi assouplissant la légitime défense de ces professionnels, voté par le Sénat ce mercredi, et qui doit être examiné par l’Assemblée à compter du 7 février.

Du côté de Toulouse (Haute-Garonne) aussi, quelque 80 policiers se sont rassemblés en soirée au pied du monument aux morts, dans le centre de la Ville rose. A Paris, les manifestants répondaient à l’appel de l’association Mobilisation des policiers en colère (MPC) et du Collectif autonome policier (CAP) Ile-de-France, nés du mouvement de mécontentement qui a secoué la profession à l’automne.

« Limiter nos revendications à la légitime défense, c’est un écueil »

Le texte, assouplissant la légitime défense des policiers, définit un cadre commun à l’usage des armes à feu par la police et la gendarmerie, alignant la première sur la seconde. Or, « limiter nos revendications à la légitime défense, c’est un écueil », estime un enquêteur de région parisienne, qui ne « demande pas un permis de tuer », mais « plus de reconnaissance », de la part de sa hiérarchie notamment.

« On n’a pas besoin qu’on balance des millions, il faut une volonté politique forte pour régler les problèmes de la police », affirme un autre manifestant, plaidant pour « des solutions durables », notamment à travers d'« états généraux de la police », en présence de « tous les interlocuteurs : des magistrats, des représentants de police, des citoyens ».

Ce mois-ci, une enveloppe de 250 millions d’euros a été annoncée en réponse à plusieurs semaines de manifestations de policiers, déclenchées par l’agression au cocktail Molotov de quatre agents le 8 octobre dernier à Viry-Châtillon (Essonne). « Le gouvernement a annoncé beaucoup de choses mais on n’en a toujours pas vu la couleur », résume de son côté le secrétaire du MPC.

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