Ariège: 30 mois de prison pour apologie du terrorisme et menaces de mort sur «les juifs»

JUSTICE Le président du tribunal a dénombré 78 pages de ces propos, qui vantent l’action de Mohamed Merah et la tuerie du Bataclan et menacent spécifiquement « les juifs »...

20 Minutes avec AFP

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Illustration justice.
Illustration justice. — G . VARELA / 20 MINUTES

Sur son compte Facebook, il avait multiplié des messages particulièrement inquiétants : « Je vais vous égorger un par un (…) J’espère emmener beaucoup de monde dans mon voyage (…) Je vais vous massacrer dans votre sommeil. »

Un homme de 33 ans a été condamné mardi par le tribunal de Foix à 30 mois de prison ferme pour « apologie publique d’un acte de terrorisme » et « menace de mort en raison de la religion » visant spécifiquement « les juifs ».

78 pages de propos vantant Mohamed Merah ou la tuerie du Bataclan

Le président du tribunal a dénombré 78 pages imprimées de tous ces propos, qui vantent également, l’action de Mohamed Merah, la tuerie du Bataclan et Oussama Ben Laden - d’où l’accusation d’apologie du terrorisme - et menacent spécifiquement « les juifs ».

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La date du 12 décembre apparaît également. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve et le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas étaient attendus en visite dans le département à cette date-là.

Le 10 décembre dans l’après-midi, les policiers du RAID interpellent sans incident le trentenaire. Lors de son audition, il s’est « défend [u] d’avoir conçu un quelconque projet criminel », avait indiqué le parquet. « La minutieuse perquisition menée chez lui confirme l’absence d’armes et aucun élément matériel n’accrédite à ce stade de l’enquête l’existence d’actes préparatoires tendant à la commission d’un crime », avait précisé le parquet.

« Je suis quelqu’un de dangereux, je dois me faire soigner »

Le 13 décembre, l’homme a refusé de se présenter devant le tribunal dans le cadre de la procédure de comparution immédiate. Il est alors incarcéré à la prison de Seysses, près de Toulouse, en attendant son jugement.

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Lors de l’audience de mardi, il admet ses écrits. « Je suis quelqu’un de dangereux, je dois me faire soigner. Je suis malade, ma mère m’a souvent dit de me faire soigner », a-t-il ajouté. Cet homme aux 15 mentions sur le casier judiciaire a nié devant les enquêteurs tout lien entre la date du 12 décembre et la visite du Premier ministre, expliquant que « c’est la date de naissance du Prophète ».

Le procureur Maeliss Vilamot a souligné elle aussi la dangerosité du prévenu et demandé quatre ans de prison. L’avocat de la défense, Me Stéphane Fabbri, n’a pas caché pas son indignation, aucune expertise psychiatrique n’ayant été effectuée sur son client. « On l’amène au tribunal sans savoir s’il est pénalement responsable ou s’il est fou, c’est totalement invraisemblable », a-t-il lancé. Le jour où l’expert psychiatre s’était rendu à Seysses, il était en quartier disciplinaire.