De retour de Syrie, le djihadiste Kevin Guiavarch a été mis en examen et écroué en France

TERRORISME Il a été mis en examen par un juge d'instruction pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et financement du terrorisme...

20 Minutes avec AFP

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Des soldats de Daesh, pris en photo à Raqqa à une date non déterminée
Des soldats de Daesh, pris en photo à Raqqa à une date non déterminée — Uncredited/AP/SIPA

C’est l’une des figures du djihadisme français, un des premiers à être parti en Syrie. Kevin Guiavarch a été mis en examen et écroué samedi au lendemain de son retour en France, après s'être rendu aux autorités turques pour quitter les rangs de l' organisation Etat islamique (EI), a indiqué une source judiciaire.

Le Breton de 24 ans, qui se présente comme un «repenti» de l'EI, a été mis en examen par un juge d'instruction pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et financement du terrorisme, a précisé la source.

Il avait quitté la Syrie avec quatre femmes

En juin 2016, il avait quitté la Syrie avec quatre femmes, dont certaines l'avaient rejoint dans ce pays, et leurs six enfants, avant d'être interpellé en Turquie et incarcéré. Depuis, les quatre femmes ont été expulsées vers la France, mises en examen et écrouées pour trois d'entre elles, tandis que les enfants, dont certains sont nés en Syrie, ont été placés. Kevin Guiavarch a été transféré de Turquie en France vendredi.

Il était parti dès 2012, à 20 ans, pour rejoindre d'abord les rangs du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, avant d'intégrer l'EI. Soupçonné d'avoir été un recruteur du groupe djihadiste, via les réseaux sociaux, et d'avoir joué un rôle dans son financement, il avait été placé en septembre 2014 sur une liste noire de l'ONU.

700 djihadistes français en Irak ou en Syrie

Le retour de djihadistes aguerris par plusieurs années au front est un défi pour les autorités. Même si, selon un responsable antiterroriste, entre ceux qui sont morts, ceux qui veulent continuer à combattre et ceux qui ne voudront pas rentrer par crainte des représailles de l'EI, «il ne faut pas en attendre beaucoup». A l'heure actuelle, «il y a peu de retours spontanés de Syrie», estime ce responsable, qui s'inquiète tout autant face aux «cellules dormantes» qui risquent d'être présentes sur le territoire. Environ 700 Français se trouveraient actuellement en Irak ou en Syrie aux côtés du groupe Etat islamique, selon les chiffres des autorités. Plus de 200 ont été tués.