Graisse brune, endorphines... Les raisons de vous réjouir de la vague de froid

SANTE Les températures s’effondrent cette semaine, mais ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle...

Céline Boff

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Une fillette qui tente de se protéger du froid.
Une fillette qui tente de se protéger du froid. — Catherine Delahaye/SIPA

La semaine s’annonce glaciale, prévient Météo France. Les températures devraient tomber, dès mardi, entre -5 et -15°C selon les régions françaises, voire atteindre le degré Celsius -20 sur certains sols enneigés… Et cette vague de froid devrait durer au moins jusqu’à vendredi.

Pas de quoi paniquer pour autant. Selon Frédéric Saldmann, médecin cardiologue et nutritionniste, « la peur du froid est, dans nos contrées, très largement psychologique. Il suffit de se rappeler que des personnes vivent six mois par an dans des pays où il fait -20 à -40°C pour s’en convaincre. »

Le froid dope le moral

Si le froid représente un danger évident pour les personnes sans-abri et les individus à la santé déjà fragile, il peut apporter aux autres de multiples bienfaits. Dans son ouvrage Le meilleur médicament, c’est vous !, Frédéric Saldmann recommande ainsi à ses lecteurs de prendre chaque jour une douche froide de trois minutes. Ce « frisson minceur », comme il le nomme, permet de consommer 250 calories et de stimuler la croissance de la graisse brune - celle qui se situe dans le haut du dos et sur les épaules - et qui augmente les dépenses énergétiques.

D’ailleurs, selon une étude américaine publiée en 2014, « la diminution de l’exposition aux températures froides à cause du chauffage central, désormais présent partout dans nos sociétés modernes, pourrait détériorer le bon fonctionnement de la graisse brune, et pourrait être un contributeur masqué de l’obésité et des troubles métaboliques ».

Les efforts font encore plus mincir

Au-delà de la graisse brune, s’exposer au froid, par exemple lors d’une marche, « fait mincir dans la mesure où le corps doit brûler davantage de calories pour maintenir sa température », détaille Frédéric Saldmann. Bien sûr, cet effet sera anéanti par la consommation d’alcool (qui ne réchauffe absolument pas, au contraire) ou encore de recettes fromagères de type raclettes.

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Le froid dope également la circulation sanguine, ce qui permet aux cellules et aux organes de mieux fonctionner. Le corps est plus tonique… L’esprit aussi, mais pour une autre raison, comme l’explique Frédéric Saldmann : « Le froid pousse le corps à libérer des endorphines, qui sont les hormones du bonheur. Une véritable décharge s’opère, dont les effets durent quelques heures. Pendant tout ce temps, nous voyons la vie en rose ». Voilà pourquoi les spécialistes recommandent de s’aérer en période de froid et même de pratiquer du sport… A condition toutefois d’être dans un bon état de santé initial.

« Le "coup de froid" n’existe pas »

Vous craignez de tomber malade en mettant le nez dehors ? Voilà une peur irrationnelle selon Frédéric Saldmann : « Le "coup de froid" n’existe pas médicalement parlant. Le froid en lui-même n’est pas contagieux ; il ne transmet rien ». Mais alors, comment expliquer les recrudescences des épidémies de gastro-entérite, de grippe et de rhume en période hivernale ?

Tout simplement parce que pour se protéger du froid, « les gens passent davantage de temps en intérieur. C’est parce qu’ils sont plus confinés et plus serrés qu’ils se transmettent les microbes, par exemple en éternuant », répond le médecin.

S’il n’y a pas plus de bactéries ni de virus en hiver qu’en été, sachez toutefois que le gel ne tue pas les microbes, il stoppe seulement leur développement… Qui repartira une fois la « douceur » revenue.