Les députés votent l'obligation de caméras dans les abattoirs à partir de 2018

PROTECTION ANIMALE Le projet de loi a été adopté par 28 voix contre 4, dans un hémicycle peu garni à l’heure du débat télévisé de la primaire organisée par le PS...

20 Minutes avec AFP

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Un abattoir à bovins dans l'Ouest de la France (illustration).
Un abattoir à bovins dans l'Ouest de la France (illustration). — GILE MICHEL/SIPA

Bêtes mal étourdies, accrochées vivantes… Les images chocs diffusées début 2016 par l’association L214 avaient suscité beaucoup d’émotion et entraîné un plan gouvernemental en faveur du bien-être animal. Jeudi soir, les députés ont décidé d’aller plus loin en votant de façon inattendue l’obligation d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs à partir de 2018, souhaitée par les radicaux de gauche et les associations de protection animale.

Expérimentation

Les députés avaient mis cette question au cœur d’une commission d’enquête, dont a découlé une proposition de loi portée par Olivier Falorni (DVG) et son groupe des radicaux de gauche, comprenant cette mesure phare sur les caméras dans les abattoirs. À partir du 1er janvier 2018, et à l’issue d’une expérimentation, « des caméras (seront) installées dans tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux », stipule la disposition adoptée, à laquelle se sont finalement ralliés les socialistes et le gouvernement.

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L’expérimentation devra permettre « d’évaluer l’opportunité et les conditions de la mise en place » des caméras, ont fait préciser les socialistes via un amendement à ce texte examiné en première lecture.

La loi adaptée dans six semaines ?

Il n’est cependant pas certain que la proposition de loi soit définitivement adoptée d’ici à la fin de la législature dans six semaines. « Nous sommes déjà dans des discussions pour des expérimentations (…) Actons le fait que ça va se généraliser », a plaidé le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll après une interruption de séance, alors qu’il s’était montré prudent jusqu’alors, invoquant « la crise de l’élevage » et le « respect des travailleurs » dans les abattoirs.

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Les directions des abattoirs ne pourront par avoir accès aux images enregistrées, à la différence des responsables de protection animale désignés dans les établissements ainsi que des services de l’Etat de contrôle vétérinaire.

Menace sur les « petits abattoirs »

Malgré l’opposition de quelques députés de droite et du centre, qui pronostiquent déjà que « les petits abattoirs disparaîtront » compte tenu de cette nouvelle charge, l’obligation d’installer des caméras a été adoptée par 28 voix contre 4, dans un hémicycle peu garni à l’heure du débat télévisé de la primaire organisée par le PS.

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Les radicaux de gauche se sont félicités de ce vote alors que l’affaire partait « mal engagée » après un examen difficile en commission en décembre. Unanimes dans la dénonciation des actes de cruauté envers les animaux, les élus s’étaient divisés sur la question de la vidéo dans les abattoirs, déjà mise en œuvre notamment en Grande-Bretagne. L’opinion publique y est massivement favorable, à hauteur de 85 % selon un sondage d’octobre.

Une question de bon sens et non pas de caméras ?

Dans un courrier commun, dix ONG de protection animale, dont les fondations 30 millions d’amis et Brigitte Bardot, CIWF et L214, avaient mis la pression sur les députés pour qu’ils soutiennent le contrôle vidéo obligatoire afin que la proposition de loi ne soit pas vidée de « toute substance ».

Le syndicat des abatteurs et découpeurs industriels, Culture viande (70 adhérents, 35.000 salariés), avait objecté en vain que « la protection animale à l’abattoir n’est pas une affaire de caméras », mais « avant tout une question d’hommes, de formation et de bon sens ».

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