«Mes cheveux me dégoûtaient tellement que j'avais fait une coloration»

VOUS TEMOIGNEZ Et si on prenait au sérieux les discriminations contre les roux ? Nos lecteurs témoignent...

J.S
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Une jeune femme rousse, les cheveux dans le vent
Une jeune femme rousse, les cheveux dans le vent — UTRECHT ROBIN/SIPA

Et si on prenait au sérieux les discrimination contre les roux ? Cette semaine a eu lieu cette semaine le « Kiss a ginger day » (embrasse un roux), une journée internationale qui si elle peut prêter à sourire s’attaque à un problème de stigmatisation qui a déjà tué. Le roucisme ou racisme anti-roux n'est-il pas sous-estimé ? Les internautes de 20 Minutes racontent leur expérience. Parfois terrible

 

De vrais traumatismes

A 20 ans, Quentin n’a pas oublié les sobriquets dont on l’affublait pendant son adolescence « Poil de carotte, Rouquin, Le Roux, Rouquemoute ». Dans un long mail adressé à la rédaction de 20 Minutes, le jeune homme raconte comment à 14 ans sa « couleur de cheveux » le « dégoûtait tellement » qu’il avait « décidé de faire une coloration ». Pas de couleur pour Guillaume mais un monde à lui et à lui seul pour « se détacher du regard des autres » et pour encaisser les « insultes qui pleuvent ».

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Comme Guillaume, Chlöé raconte les attaques verbales mais aussi les agressions physiques. Traumatisée par cette « camarade » qui lui « tirait les cheveux », notre internaute a « prié » pour que sa « fille ne soit pas rousse ». Une prière que de nombreuses mères ont du envoyer au fil des millénaires puisque les roux portent le fardeau de leur couleur de cheveux depuis l’antiquité.

Poil de carotte

Si les romains étaient fascinés pas les cheveux de feu de leurs ennemis celtes, les Egyptiens avaient fait du roux, la couleur de Seth, dieu de la confusion, du désordre et de la perturbation. Des pouvoirs maléfiques fantasmés, qui ont traversé les âges pour venir jusqu’à nous. Guillaume et Antoine racontent avoir souvent été traités de « fils du diable ».
Pourtant dès 1894, Jules Renard alertait, la société moderne, dans sa nouvelle (un rien autobiographique) « Poil de carotte », de la difficulté d’être roux. Un plaidoyer pour l’indifférence qui s’il est devenu célèbre n’a pas vraiment été entendu. Le roux a même été utilisé un siècle plus tard comme argument marketing pour vendre un fromage à pâte molle

Puis par le parolier d’une certaine Ophélie (Winter NDLR) qui chantait en 1987 « Poil de carotte, tu es au poil de carotte, T’es bronzé comme un verre de lait ». Des mises en lumière pas très valorisantes dont les cheveux de feu se seraient bien passés

La revanche des roux

Quentin compare très frontalement la situation vécue par les roux à celles d’autres minorités « une blague sur les juifs on est antisémite, une blague sur les Arabes on est xénophobe, une blague sur les maladies on est inhumain (…) mais celles sur les roux tout le monde y trouve son compte… ». Depuis peu, les « ginger » tentent un embryon de riposte ; avec la journée « Kiss a Ginger » mais aussi sur Facebook. Les créateurs de la page « SOS Roucisme » tentent de faire entendre leur voix et sensibiliser le public pour mettre fin à la stigmatisation dont ils sont victimes. La rousse tourne.