Lycées de ZEP: De nouvelles manifestations prévues ce mardi

MOBILISATION Plus de cinquante lycées, selon « Touche pas à ma ZEP », une dizaine d’établissements selon le ministère de l’Education, sont en grève depuis la rentrée des vacances de Noël…

20 Minutes avec AFP

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Manifestation contre la réforme des ZEP à Marseille, le 17 décembre 2014
Manifestation contre la réforme des ZEP à Marseille, le 17 décembre 2014 — Boris Horvat AFP

Les lycées de l’éducation prioritaire (ex-ZEP) se sentent les grands oubliés de la réforme dont ont bénéficié les écoles et collèges. Leurs professeurs multiplient grèves et manifestations réclamant qu’on leur garantisse, avant la fin du quinquennat, la pérennité de leurs moyens supplémentaires.

De nouvelles manifestations étaient prévues ce mardi dans la matinée à Marseille et dans l’après-midi à Paris à l’appel du collectif « Touche pas à ma ZEP ».

Plus de cinquante lycées, essentiellement de banlieue parisienne et de l’académie de Marseille, selon le collectif, une dizaine d’établissements selon le ministère de l’Education, sont en grève depuis la rentrée des vacances de Noël. Ils ont manifesté à cinq reprises, avant et après ces congés.

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Les raisons de leur colère

Les lycées n’ont pas été concernés par la dernière réforme de l’éducation prioritaire (rentrées 2014 et 2015), la ministre Najat Vallaud-Belkacem renvoyant au prochain quinquennat. En attendant, les lycées disposent, comme les collèges et écoles sortis d’éducation prioritaire, d’une « clause de sauvegarde », permettant aux profs de garder pendant quatre ans leur prime spécifique et davantage de points pour une mutation. Face à la mobilisation, elle a aussi promis 450 postes supplémentaires pour la rentrée 2017.

Rien ne garantit que ces moyens seront maintenus après 2019, surtout en cas d’alternance cette année, craint le collectif « Touche pas à ma ZEP », soutenu par plusieurs syndicats d’enseignants.

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« Les difficultés sociales des élèves ne s’arrêtent pas après la troisième », relève le collectif, jugeant que l’absence de réforme pour les lycées est contradictoire avec la lutte contre le décrochage. Le collectif réclame une liste laissant en éducation prioritaire les lycées qui y étaient déjà et en intégrant de nouveaux. Le ministère indique, lui, que bâtir ce type de liste nécessite du temps.

Des élèves et enseignants craignent aussi de perdre des dispositifs pédagogiques. A Sciences Po, qui vient de fêter les quinze ans des conventions pour permettre à des élèves de lycées prioritaires de réussir le concours, on indique que « les 106 partenariats avec les lycées conventionnés ne sont en aucun cas remis en cause ».