Nice: Le parquet fait appel de la relaxe d'un enseignant-chercheur poursuivi pour aide aux migrants

JUSTICE Pierre-Alain Mannoni, poursuivi pour aide au séjour et aide à la circulation d’étrangers en situation irrégulière, risquait cinq ans de prison et 30.000 euros d’amende...

B.D. avec AFP
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Pierre-Alain Mannoni était enseignant-chercheur du CNRS poursuivi pour avoir convoyé des Erythréennes venues d'Italie
Pierre-Alain Mannoni était enseignant-chercheur du CNRS poursuivi pour avoir convoyé des Erythréennes venues d'Italie — YANN COATSALIOU / AFP

Le procureur de la République à Nice a interjeté appel de la relaxe prononcée vendredi par le tribunal correctionnel de la ville en faveur de Pierre-Alain Mannoni, poursuivi pour avoir aidé des migrants, a indiqué ce samedi le parquet local.

Cet enseignant-chercheur de 45 ans, poursuivi pour aide au séjour et aide à la circulation d’étrangers en situation irrégulière, risquait cinq ans de prison et 30.000 euros d’amende. Lors de son procès le 23 novembre, le procureur de la République avait requis à son encontre une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis.

Une action « pour préserver la dignité et l’intégrité » des personnes

Le tribunal correctionnel de Nice avait motivé sa relaxe vendredi en expliquant que Pierre-Alain Mannoni avait agi « pour préserver la dignité et l’intégrité » des personnes et pouvait donc bénéficier de l’immunité accordée par la loi. Les juges, tout en rappelant que cette immunité donnée à titre humanitaire ne s’appliquait qu’à l’aide au séjour, l’ont étendue aux faits d’aide à la circulation, considérant que le transport lui-même de ces personnes était « le préalable indispensable à leur séjour couvert par l’immunité ».

Le 18 octobre dernier, Pierre-Alain Mannoni avait cherché à convoyer trois Erythréennes dans son véhicule depuis un centre de vacances SNCF occupé illégalement par des militants associatifs à Saint-Dalmas-de-Tende jusqu’à son domicile de Nice, mais s’était fait interpeller au péage autoroutier de La Turbie.

Le 4 janvier, un autre passeur « humanitaire », Cédric Herrou, a été jugé par le même tribunal pour des faits d’aide à l’entrée, au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière. Le procureur a requis à son encontre huit mois de prison avec sursis. Le jugement doit être rendu le 10 février.