Grâce de Jacqueline Sauvage: Quatre questions sur une libération

JUSTICE Condamnée pour le meurtre de son mari violent, Jacqueline Sauvage a été graciée totalement par le président de la République ce mercredi...

N.Beu. et M.B.

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La grâce partielle accordée dimanche par François Hollande à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, a suscité de nombreuses réactions de politiques ce lundi.
La grâce partielle accordée dimanche par François Hollande à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, a suscité de nombreuses réactions de politiques ce lundi. — SEVGI/SIPA

Jacqueline Sauvage est sortie de prison. Condamnée en 2014 à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, la sexagénaire érigée en symbole des violences à l’égard des femmes a fait l’objet, ce mercredi, d’une grâce totale accordée par le président de la République. Une décision qui étonne, alors que François Hollande avait opté pour la grâce partielle en début d’année. Pour y voir plus clair, 20 Minutes fait le point sur l’affaire et tente de répondre aux questions que tout le monde se pose.

Pourquoi François Hollande a-t-il changé d’avis ?

« Le président de la République a estimé que la place de Mme Sauvage n’était plus aujourd’hui en prison, mais auprès de sa famille. » Voilà l’explication que s’est borné à donner l’Elysée dans un communiqué envoyé à la presse. Joint par 20 Minutes, un conseiller du Président n’en dit pas beaucoup plus. « Entre la grâce partielle accordée par le Président en janvier et la grâce totale qui vient de lui être accordée, Jacqueline Sauvage a fait plus de 10 mois en prison. Le président de la République a estimé que sa place n’était plus en prison mais auprès de sa famille. Il était important qu’elle sorte avant la fin de l’année. » Et ce même conseiller de préciser, au cas où certains accuseraient le chef de l’Etat de se servir de l’affaire pour revenir dans le jeu politique : « Le Président n’est plus candidat à rien. Il n’attend rien de personne. »

Pourquoi maintenant ?

A la faveur de la grâce partielle accordée par le Président Hollande le 31 janvier, Jacqueline Sauvage avait pu présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. Cette demande avait été rejetée en première instance, puis en appel, fin novembre. A la suite de ces décisions dessinant une impasse judiciaire, l’Elysée avait donc saisi le 9 décembre la Chancellerie pour étudier une grâce totale. Ce n’est qu'« après avis du ministre de la Justice », comme le précise l’Elysée dans son communiqué, que le Président a donc pris sa décision, à peine trois semaines plus tard.

Comment se passe la remise en liberté ?

La libération devait « intervenir dans la soirée », a indiqué le parquet de Melun. C'était fait à 18h30. Suivant la décision de François Hollande de gracier totalement Jacqueline Sauvage, la Direction des affaires criminelles et des grâces a rédigé un document officiel transmis à l’établissement pénitentiaire de la détenue, situé à Réau, en Seine-et-Marne, pour lui signifier l’ordre de la libérer, a expliqué à 20 Minutes un membre de l’administration pénitentiaire. Au terme de cette procédure, coordonnée par la Chancellerie, Jacqueline Sauvage a donc pu recouvrer sa liberté. Le temps de récupérer ses effets personnels, elle a alors retrouvé sa famille.

La condamnation de Jacqueline Sauvage restera-t-elle inscrite à son casier judiciaire ?

Tout a fait comme l’explique Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la magistrature à 20 Minutes, il ne s’agit pas d’une amnistie. La grâce est une mesure de clémence qui permet à la personne condamnée de ne pas exécuter sa peine.

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