La première route solaire au monde inaugurée ce jeudi en Normandie

ENERGIE L’ensemble des travaux a été couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe…

20 Minutes avec AFP

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La fabrication d'un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie.
La fabrication d'un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie. — CHARLY TRIBALLEAU

C’est une première mondiale. La ministre de l’environnement Ségolène Royal a inauguré ce jeudi la première route solaire au monde dans un petit village normand. Cette technologie, encore en phase test, est expérimentée en France par la filiale de Bouygues, Colas, pour laquelle travaillent également des Néerlandais, Américains et Allemands.

A partir de jeudi, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée.

L’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants

Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe, précise le conseil départemental.

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A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage : la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20 % du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société.

Un « plan de déploiement national »

« Ce nouvel usage de l’énergie solaire permet de profiter des grandes surfaces d’infrastructures routières, déjà utilisées aussi bien par les transports, voitures, vélos, piétons, pour produire de l’électricité sans mobiliser de foncier supplémentaire », s’est félicité ce jeudi le ministère dans un communiqué.

Confiante dans cette technologie, Ségolène Royal a annoncé un « plan de déploiement national des routes solaires ». Ce plan se traduira par le lancement d’un « appel d’offres innovation pour encourager le développement de technologies solaires innovantes ». Cet appel d’offres fixera par ailleurs « les objectifs de production d’énergie solaire à partir de ces innovations ».

Un gouffre financier ?

Inconvénient : les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés », les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway.

Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids-lourds et aux intempéries. Surtout, le modèle économique reste à trouver : « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé », selon Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER).