VTC: «Trêve» de 24 heures, Uber refuse de dialoguer sous la menace

GROGNE Le gouvernement a reçu les représentants des chauffeurs VTC...

20 Minutes avec AFP

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Des chauffeurs VTC manifestaient le 15 décembre 2016 place de la porte Maillot
Des chauffeurs VTC manifestaient le 15 décembre 2016 place de la porte Maillot — ALAIN JOCARD / AFP

Trêve de 24 heures et négociations.

Les chauffeurs de VTC ont maintenu la pression sur les plateformes de réservation et les autorités publiques, en bloquant plusieurs heures l’accès aux aéroports parisiens la veille des vacances scolaires, poussant le gouvernement à recevoir leurs représentants ce vendredi.

Les blocus levés

A l’issue de cette rencontre avec le secrétaire d’État chargé des Transports Alain Vidalies, les représentants des chauffeurs « ont décidé une trêve des blocages de la voie publique pendant 24 heures pour permettre à la société Uber de les recevoir dans ces délais », a précisé le ministère dans un communiqué.

Le mouvement lancé par l’Unsa-VTC, Actif-VTC et CAPA-VTC, vise à interpeller les applications de mise en relation entre particuliers et chauffeurs indépendants, Uber en tête, sur les conditions tarifaires et le manque de concertation.

Le leader du secteur VTC (voiture de transport avec chauffeur) avait fermé la porte vendredi à des négociations à ce stade.

Uber refuse pour l'heure la discussion

« Face à des telles violences et menaces, les conditions d’une discussion ne sont en aucun cas réunies », a affirmé la filiale française de l’entreprise américaine dans un communiqué, au moment où une délégation de chauffeurs était reçue au secrétariat d’Etat aux Transports.

Après avoir bloqué jeudi la porte Maillot, axe de circulation très fréquenté de l’ouest parisien, les manifestants ont organisé vendredi matin des barrages aux accès de Roissy-Charles de Gaulle et d’Orly, qu’ils ont levés en milieu de matinée pour regagner la capitale.

La préfecture de police avait précisé dans un tweet avoir « procédé à l’enlèvement de véhicules pour libérer les voies de circulation ». Les policiers ont signalé des « fumigènes, jets d’oeufs et de farine » par des manifestants, pour « certains cagoulés ».

Les chauffeurs présents à Roissy ont pris la direction du siège d’Uber, dans le nord-est de Paris, quand leurs collègues d’Orly se sont dirigés vers celui de Chauffeur Privé où ils devaient être reçus, selon l’Unsa. Un retour porte Maillot est envisagé dans la soirée.

Uber dans le viseur

La colère des chauffeurs se dirige principalement sur Uber, coupable à leurs yeux d’imposer des conditions de travail défavorables. « Uber a saigné les chauffeurs », « Uber = esclavage moderne » ou encore « non aux déconnexions arbitraires », pouvait-on lire sur des banderoles lors du rassemblement organisé jeudi porte Maillot, de 400 à 500 berlines noires.

Récemment, l’entreprise a fait un geste en augmentant de 10 à 15 % les prix de son service classique UberX. Mais elle a dans le même temps relevé de 20 à 25 % la commission prélevée sur chaque course.

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Un porte-parole avait soutenu mercredi que le mouvement de protestation était « sans rapport avec les récents changements tarifaires » qui ont permis une hausse du revenu des chauffeurs partenaires « d’environ 5 % ».

Les associations de chauffeurs avaient qualifié ces annonces de « fumisterie ». Selon elles, l’évolution tarifaire ne comble pas les pertes enregistrées depuis la baisse de 20 % décrétée par Uber à Paris en octobre 2015.

L’Assemblée nationale examinera lundi en seconde lecture le projet de loi du député PS Laurent Grandguillaume qui vise à « pacifier » les relations dans le transport public de la personne, notamment entre taxis et VTC, lutter contre l’emprise des plateformes sur les chauffeurs et durcir l’accès à cette dernière profession.