Ecoles alternatives: «Mon fils est super heureux»

TEMOIGNAGES Des mères d’élèves expliquent pourquoi elles ont retiré leurs enfants du système scolaire classique afin qu’ils bénéficient d’une pédagogie différente…

Delphine Bancaud

— 

A Paris, la facade d'une école Montessori.
A Paris, la facade d'une école Montessori. — LOIC VENANCE / AFP

Des parents déçus de l’école publique, qui ont cherché une autre voie pour leurs enfants. Ou d’autres qui cherchaient un modèle éducatif davantage en rapport avec leurs convictions.Les écoles alternatives intéressent de plus en plus de familles, comme le montrent les ouvertures de ce type d’établissements ces dernières années.

>> A lire aussi : Ecoles publiques, hors contrat, Montessori, Freinet...Comment se repérer entre les différentes écoles alternatives

Alexandra, a fait le choix d’une école Freinet à Marseille pour son fils Orion après qu’il ait suivi une scolarité classique en maternelle : « j’avais moi-même suivi une partie de ma scolarité dans une école de ce type, je savais donc que la pédagogie Freinet favorise l’entraide entre les élèves et leur autonomie. Et même si je n’avais rien contre le public classique, j’avais envie d’inscrire mon fils dans une école publique mais dont je partageais davantage les valeurs », explique-t-elle. Mais pas facile d’obtenir une place en CP àl’école Bonneveine de Marseille : « j’ai dû demander une dérogation et justifier ma motivation pour cette école », décrit Alexandra.

Les notes sont proscrites

Une fois accepté, Orion a été accueilli dans une classe double niveau CP-CE2, composée d’une vingtaine d’élèves. « Le double niveau l’a tiré vers le haut. Et il a appris à lire de manière naturelle, l’enseignant utilisant des textes que les enfants se racontaient entre eux pour susciter leur curiosité », raconte Alexandra. D’autres aspects de la pédagogie Freinet plaisent aussi beaucoup à cette maman : « L’enseignant suit le programme de l’Education nationale, mais pas dans l’ordre. Il commence toujours la matinée par la question » Quoi de neuf ? «, qui permet aux enfants de s’exprimer. Il s’appuie ensuite sur les réflexions des enfants pour travailler avec eux telle ou telle notion », indique-t-elle.

Dans cette école, les notes sont proscrites et les enfants s’autoévaluent. Le sens des responsabilités des enfants est aussi fortement encouragé : « Ils font des réunions coopératives au sein desquelles ils gèrent les conflits qui éclatent entre eux. Et les plus grands veillent aussi sur les petits lors des sorties scolaires », poursuit-elle. Alexandra apprécie d’ailleurs les fréquentes sorties qu’Orion fait avec sa classe dans la nature, dans des musées… Quant aux parents, ils sont encouragés à prendre part à la vie de l’école : « nous participons à des enquêtes en bibliothèque avec les élèves, nous sommes invités à leur faire découvrir notre métier », décrit Alexandra. Un système qui convient bien à Orion, qui a d’ailleurs sauté une classe et se trouve désormais en CE2. « Il est super heureux dans cette école et va y rester jusqu’en CM2 », indique Alexandra, qui regrette qu’il n’y ait pas de collège Freinet à côté de chez elle pour qu’Orion poursuive dans cette voie.

>> A lire aussi : Montessori, Steiner, Freinet... Pourquoi les écoles alternatives séduisent de plus en plus de parents

« J’ai été très déçue du public »

Pour Guenaelle, mère de trois enfants à Charenton (Val-de-Marne), l’histoire a été un peu différente : « Ma fille aînée Aurore a été en maternelle traditionnelle. Mais j’ai été très déçue du public. Il n’y a pas d’écoute des parents en cas de problème et en maternelle, les enfants ne font que jouer sans que l’on cherche vraiment à leur apprendre quelque chose. Du coup, dès la grande section de maternelle, j’ai décidé d’inscrire Aurore dans une école Montessori et mes deux autres enfants ne sont même pas passés par la casse maternelle publique », explique telle. Ses deux premiers enfants y sont restés jusqu’en CE2 (car l’école ne proposait alors pas les classes d’après) et son troisième jusqu’en CM2. « Cela m’a coûté très cher, mais je n’ai jamais regretté mon choix », indique-t-elle. « Dans cette école, les enfants sont respectés et les parents sont écoutés. Les élèves évoluent à leur rythme et sont pleinement épanouis », estime-t-elle. Points forts de la pédagogie Montessori selon cette maman : « elle repose sur le travail individuel et favorise l’autonome. Les élèves ne sont pas pénalisés s’ils font des erreurs. Et le fait qu’ils soient de différents âges dans une même classe les responsabilise et les fait évoluer très vite », souligne-t-elle.

Pas de retard scolaire

Guenaelle a aussi beaucoup apprécié les voyages scolaires que ses enfants ont pu faire. Et leurs acquis scolaires ont toujours été bons : « avant d’entrer en CP, ils savaient déjà lire et ont appris l’anglais dès leur plus jeune âge ». Alors bien sûr, le passage dans un collège classique n’a pas été facile pour ses enfants : « mon fils a pleuré la première semaine. Mais après une période de rodage, mes enfants se sont bien intégrés au collège. Et aucun d’entre eux n’a eu de retard scolaire, bien au contraire », assure-t-elle.

Des témoignages qui donneront peut-être envie à d’autres parents d’emprunter la même voie…