Yvelines: Deux militants de l'association L214 interpellés en pleine action dans un abattoir

FAITS DIVERS Sébastien Arsac, cofondateur de l’association, et son acolyte devront répondre de « violation de domicile » et de « tentative d’atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image »…

20 Minutes avec agences
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Sébastien Arsac, co-fondateur de L214 devant l'abattoir municipal de Pézenas
Sébastien Arsac, co-fondateur de L214 devant l'abattoir municipal de Pézenas — PASCAL GUYOT AFP

Deux militants de l’association de défense des animaux L214 ont été interpellés dans la nuit de lundi à mardi dans un abattoir de Houdan (Yvelines). Selon les gendarmes, les deux militants, cagoulés et en tenue de camouflage au moment de leur interpellation, venaient recharger les quatre caméras GoPro placées en plusieurs points de l’abattoir et filmant l’endormissement au CO2 des porcs avant abattage.



« On a fait le pari qu’ils allaient revenir chercher leur matériel assez rapidement »

L’une des caméras s’était détachée et était tombée lundi aux pieds d’un employé chargé de la saignée, qui avait aussitôt prévenu la direction de l’abattoir. Vincent Harang, le directeur, avait alors porté plainte auprès de la brigade de gendarmerie de Houdan.

Après avoir visionné les caméras de vidéosurveillance de l’entreprise montrant deux personnes s’introduisant dans l’abattoir, les gendarmes avaient décidé de mettre en place un dispositif, avec l’appui d’un peloton de surveillance et d’intervention (PSIG). « On a fait le pari qu’ils allaient revenir chercher leur matériel assez rapidement », les caméras ayant une capacité de stockage limitée, a fait savoir une source proche de l’enquête.

L’action de L214 « n’était pas légale, mais n’en reste pas moins légitime »

Neuf gendarmes ont procédé à la saisie du matériel et à l’interpellation du duo qui compte Sébastien Arsac, cofondateur de L214. L’association s’est récemment fait connaître pour ses vidéos choc dénonçant les conditions de mise à mort dans des abattoirs.

Sébastien Arsac et son acolyte feront l’objet d’une convocation devant un officier de police judiciaire le 12 juin 2017 pour « violation de domicile » et « tentative d’atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image ». Contactée par l’AFP, une porte-parole de L214 a indiqué que les militants ne s’étaient pas rendus dans cet abattoir « par hasard » : celui-ci leur « a été signalé en raison de la présence d’un puits à CO2 », une technique qui est selon l’association « un procédé extrêmement choquant qui est fortement remis en question par des études scientifiques ». L’action de L214 « n’était pas légale, mais n’en reste pas moins légitime », a ajouté la porte-parole.

Le directeur s’est dit « prêt » à recevoir des militants de L214

De son côté, Vincent Harang a assuré que son son abattoir où travaillent 90 personnes et où 150.000 porcs sont abattus chaque année, avait été audité à deux reprises en 2016, notamment par la Direction générale de l’alimentation. A chaque fois, il a été « très bien noté ».

Ce type d’actions « nous fait perdre des parts de marché », a par ailleurs déploré Vincent Harang, excluant formellement la possibilité d’une complicité d’un de ses salariés dans cette action militante. Le directeur s’est dit « prêt » à recevoir des militants de L214 pour qu’ils viennent filmer dans son abattoir « s’ils ne viennent pas masqués ».