Policiers en colère: La première manifestation légale aura lieu ce mardi

SECURITE L'association «Mobilisation des policiers en colère» a déclaré la manifestation de ce mardi en préfecture...

Florence Floux

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Manifestation de policiers en solidarité avec un de leur collègue convoqué par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), à Paris, le 3 novembre 2016.
Manifestation de policiers en solidarité avec un de leur collègue convoqué par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), à Paris, le 3 novembre 2016. — PATRICK KOVARIK / AFP

Fini l’illégalité pour les policiers. L’appel à manifester ce mardi aux Invalides, à 18h, à Paris est complètement dans les clous. L’association Mobilisation des policiers en colère (MPC) a déclaré le rassemblement en préfecture, qui l’a validé. Les fonctionnaires qui fouleront le pavé ce mardi à l’appel de la MPC, apolitique et asyndicale, le feront donc en totale légalité. Près de deux mois après l’attaque de policiers à Viry-Châtillon, qui avait lancé le mouvement de grogne dans la police, la mobilisation prend donc une tournure plus officielle.

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C’était le 8 octobre. Quatre fonctionnaires de police subissaient une attaque aux cocktails Molotov dans cette ville d’Essonne. Deux d’entre eux étaient grièvement blessés. Quelques jours plus tard, des manifestations de policiers avaient lieu un peu partout en France pour protester contre leurs conditions de travail. Un plan pour la sécurité publique de 250 millions d’euros et un assouplissement des conditions de légitime défense plus tard, le mouvement ne compte pas s’arrêter là.

Pas d’avancées significatives

Si les fonctionnaires estiment que la modification de la légitime défense va dans le bon sens, une nouvelle loi devant être présentée le 21 décembre en Conseil des ministres, ils n’ont pas pour autant l’impression d’avoir été entendus. La présidente de l’association MPC, Maggy Biskupski, indique dans une vidéo sur la page Facebook de l’organisation que les « revendications de la base » sont beaucoup plus larges : moyens humains et matériels, réponse pénale et reconnaissance du métier de policier… Autant de thèmes sur lesquels le gouvernement ne leur a pour le moment pas donné satisfaction.

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Une nouvelle réforme de la garde à vue entrée en vigueur à la mi-novembre a également attisé le mécontentement des officiers de police judiciaire (OPJ), qui se contentaient jusqu’ici de soutenir leurs collègues gardiens de la paix, au cœur de la grogne. La nouvelle réforme prévoit qu’un suspect en garde à vue puisse désormais s’entretenir avec une personne en plus de son avocat, pendant une trentaine de minutes.

Les OPJ entrent dans la danse

Mesure qui ajouterait encore de la paperasserie aux OPJ, alors que les policiers réclament depuis des semaines une simplification pour éviter de consacrer des heures à des tâches administratives chronophages. Simplification promise par l’ex-ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Depuis plusieurs semaines, certains envoient donc des demandes de retrait d’habilitation OPJ à leur hiérarchie. « La mobilisation est quotidienne mais silencieuse », indique un policier des Hauts-de-Seine.

Demande de retrait d'habilitation OPJ.
Demande de retrait d'habilitation OPJ. - 20 MINUTES

La rumeur court également entre fonctionnaires que les statistiques des mois d’octobre et novembre ne sortiront qu’en février, pour diluer les mauvais chiffres dus à la grève du zèle et ainsi minorer l’impact de la mobilisation. La politique du chiffre est également au cœur de la colère policière depuis le début. Les fonctionnaires dénoncent un gonflement artificiel des statistiques par la hiérarchie pour obtenir des primes.

Le changement de ministre de l’Intérieur offrira-t-il une nouvelle chance aux fonctionnaires de police de se faire entendre ? « La date de la manifestation n’a pas été choisie à cause du remaniement, mais Monsieur Le Roux doit se pencher sur nos revendications ! » juge un fonctionnaire. Le nouvel occupant de la place Beauvau, va devoir s’emparer du dossier. La manifestation de ce mardi pourrait l’obliger à la faire plus vite que prévu.

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