L'association des policiers en colère s'organise à l'abri des médias

SECURITE La présidente de l'association Mobilisation des policiers en colère (MPC) se montre très discrète...

Florence Floux

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Guillaume Lebeau, un des leaders du mouvements des policiers en colère et Maggy Biskupski, la présidente de l'association, devant les locaux de l'IGPN, le 3 novembre 2016.
Guillaume Lebeau, un des leaders du mouvements des policiers en colère et Maggy Biskupski, la présidente de l'association, devant les locaux de l'IGPN, le 3 novembre 2016. — PATRICK KOVARIK / AFP

Ils prennent le temps, s’organisent depuis des semaines. L’association Mobilisation des policiers en colère (MPC) appelle à manifester ce mardi 13 décembre, aux Invalides, à Paris, en hommage au couple de policiers assassinés il y a six mois à Magnanville (Yvelines) par Larossi Aballa. Pour la première fois, la manifestation a été déclarée en préfecture et validée, grâce à la création de l’association qui se veut apolitique et asyndicale.

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Hormi cet appel à manifester, la MPC, créée après le mouvement et les manifestations de fonctionnaires des derniers mois, continue de se construire en interne et dans la plus grande discrétion. Les demandes d’interview de 20 Minutes sont pour l’instant restées lettre morte, l’association expliquant être énormément sollicitée par les policiers. « La MPC s’organise doucement, Maggy est très occupée. Le bureau de l’association se fait très discret le temps de tout mettre en place sérieusement », indique un policier.

Une communication par les réseaux sociaux

L’organisation, qui vient de fêter son premier mois d’existence, cherche à créer des « entités locales avec des représentants dans les commissariats de France », comme l’explique la présidente, Maggy Biskupski dans une vidéo postée sur la page Facebook de l’organisation. C’est par ce biais que MPC a choisi de communiquer, pour le moment en tout cas.

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Des vidéos et des communiqués sont régulièrement postés sur la page Facebook, ainsi que sur le profil Twitter de l’association. Joint il y a quelques semaines, Robert Paturel, l’ancien porte-parole du mouvement, expliquait qu’il avait conseillé à Maggy Biskupski de ne pas communiquer directement avec les journalistes. Echaudé par les accusations de liens avec le Front national et de récupération politique, l’ancien négociateur du Raid s’est retiré du mouvement.

Une présidente discrète

« Quand on ne parle pas comme les autres, on est catalogué, considéré comme un facho. Il faut hurler avec les loups, regrette-t-il. C’est pour cela que j’ai conseillé à Maggy de ne plus passer par les journalistes. » « Je suis en lien avec l’association, ils me demandent parfois mon avis, on me tient au courant de ce qu’il se passe, » ajoute Paturel.

De Maggy Biskupski, à qui Robert Paturel a transmis le flambeau, on sait peu de chose, si ce n’est qu’elle travaille en brigade de roulement de nuit dans les Yvelines et qu’elle a 34 ans. Très active dès le début du mouvement des policiers frondeurs, elle a été choisie comme présidente de l’association lors de sa création, le 3 novembre dernier. Dans une vidéo, la présidente indique pour autant avoir été élue temporairement, comme le reste du bureau de l’association, parce qu’il fallait « exister rapidement ». Des élections devraient avoir lieu d’ici deux mois.