Blanchiment: Hausse des signalements et enquêtes liés au financement terroriste

FISCALITE 45.266 « déclarations de soupçon » ont été transmises à l’administration, soit une hausse de 18 % par rapport à 2014…

20 Minutes avec AFP
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Une liasse de billets de 100 euros.
Une liasse de billets de 100 euros. — LODI FRANCK/SIPA

La lutte contre le blanchiment d’argent s’est intensifiée en 2015 avec une hausse notable du nombre d’informations transmises au service de renseignement financier Tracfin. Sur l’ensemble de 2015, 45.266 « déclarations de soupçon » ont été transmises à l’administration, soit une hausse de 18 % par rapport à 2014, informe Tracfin dans un rapport consacré aux « risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme ».

Cette forte activité, liée notamment à la hausse des signalements et des enquêtes menées en matière de financement terroriste après les attentats de Paris, traduit un « niveau d’implication » globalement « croissant » des professionnels, se félicite Tracfin.

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En 2015, Tracfin a transmis 180 notes portant sur des possibles financements terroristes, dont 170 aux services de renseignement et une dizaine à l’autorité judiciaire. Fin septembre, « on était déjà à 250 transmissions aux services de renseignement et 36 à l’autorité judiciaire », a souligné le directeur de l’agence, Bruno Dalles.

Banquiers d’affaires, agents immobiliers, avocats ou comptables « pas assez impliqués »

93 % « déclarations de soupçon » ont été transmises par quatre catégories de professionnels : les banques et établissements de crédit, le secteur de l’assurance, les établissements de paiement et les changeurs manuels, ajoute le service de renseignement, qui fait état d’une proportion « stable par rapport à 2014 ».

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Le plus petit des services de renseignement français, avec 120 agents, contre 5.000 pour la DGSE, regrette en revanche le manque de coopération de certains professionnels, comme les gestionnaires d’actifs. « Très clairement, tout ce qui relève de la banque d’affaire n’est pas à la hauteur des enjeux », a souligné Bruno Dalles. Le rapport de Tracfin déplore également le manque de coopération des marchands d’art, des experts-comptables, des avocats - jugés « rétifs » au dispositif français de lutte contre le blanchiment de capitaux, ou des professionnels de l’immobilier.