Financement libyen de la campagne de Sarkozy: Pour Ziad Takieddine, sa mise en examen conforte sa «crédibilité»

JUSTICE L’homme d’affaires s’est dit « soulagé » par sa mise en examen qui selon lui conforte sa « crédibilité » dans ses déclarations visant le camp Sarkozy…

20 Minutes avec AFP

— 

Ziad Takieddine
Ziad Takieddine — JACQUES DEMARTHON / AFP

Ziad Takieddine est « soulagé ». L’homme d’affaires franco-libanais a été mis en examen pour « complicité de corruption et complicité de trafic d’influence actif et passif » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye » dans l’enquête sur des soupçons de financement libyen dans la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007. Il n’a pas été placé sous contrôle judiciaire.

« Je suis soulagé par cette mise en examen qui va me permettre de rentrer dans le dossier (du financement libyen présumé) et de continuer à collaborer avec la justice. C’est une reconnaissance de la crédibilité de mes témoignages sur la corruption, cela fait plus de deux ans que j’en parle », a-t-il affirmé. Pour lui, « la prochaine étape, ce sont les mises en examen de Nicolas Sarkozy et Claude Guéant ».

Takieddine affirme avoir remis 5 millions d’euros à Guéant et Sarkozy

Ziad Takieddine était convoqué mercredi par le juge d’instruction après ses révélations fracassantes à Mediapart mi-novembre, où il avait confié avoir convoyé vers Paris, entre novembre 2006 et début 2007, trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du régime de Kadhafi. Des fonds qu’il dit avoir remis deux fois à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et à l’ancien chef de l’État lui-même, ce qu’ils ont farouchement démenti.

Takieddine dit avoir effectué ces remises de liquide à la demande de l’ex-chef des services secrets libyens, Abdallah Senoussi, dans le but qui lui avait été présenté à l’époque, pour « rémunérer la formation d’agents libyens (du renseignement) en France », dans le cadre de la coopération entre Paris et Tripoli.

Aujourd’hui, il affirme que son témoignage corrobore les déclarations en 2012 d’Abdallah Senoussi, lors d’une audition dans le cadre de poursuites de la Cour pénale internationale. Il avait alors affirmé avoir « personnellement supervisé » le transfert de cinq millions d’euros « pour la campagne du président Nicolas Sarkozy en 2006-2007 » via un intermédiaire, « le nommé Takieddine », selon des éléments de l’enquête dont l’AFP a eu connaissance. Son avocate Élise Arfi a estimé à l’issue de l’audition de mercredi que la justice donnait « beaucoup de crédit à la version d’Abdallah Senoussi ».