Vol de cocaïne au «36»: Jusqu'à 16 ans de prison requis au procès

JUSTICE Depuis le début du procès, les avocats n'ont eu de cesse de mettre en avant des éléments troublants entre le dossier du trafic et celui du vol de la cocaïne...

20 Minutes avec AFP

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L'entrée du "36 quai des Orfèvres" siège de la PJ le 6 février 2015 à Paris
L'entrée du "36 quai des Orfèvres" siège de la PJ le 6 février 2015 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Pas moins de 52 kilos de cocaïne avaient été saisis en 2014, avant d’être volés dans les locaux de la police au 36 quai des Orfèvres, à Paris. Des peines allant jusqu’à 16 ans de prison ont été requises ce jeudi au procès de trafiquants de stupéfiants. Le parquet a requis la peine la plus lourde, 16 ans de prison et 300.000 euros d’amende, à l’encontre du chef présumé du trafic et huit ans de prison et 150.000 euros d’amende contre ses deux frères.

Des peines « délirantes »

Des peines allant de la confiscation des biens saisis lors de l’enquête à 10 ans de prison et 200.000 euros d’amende ont été requises à l’encontre des 16 autres personnes jugées dans cette affaire.

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Après le réquisitoire, l’avocat du principal prévenu, Me David Missitrano, a fait part de son incompréhension. Son confrère, Me Yassine Yakouti, a fustigé les peines « délirantes » requises.

Me Thomas Bidnic a quant à lui estimé que le parquet faisait du « mode de défense » choisi par les conseils des principaux prévenus « une circonstance aggravante de nature à justifier un alourdissement de la peine ».

Des éléments du dossier troublants

Depuis le début du procès, les avocats n’ont eu de cesse de mettre en avant des éléments troublants entre le dossier du trafic et celui du vol de la cocaïne.

Ils ont notamment demandé, pour l’instant en vain, que la justice cherche à déterminer si la cocaïne n’avait pas été fournie par un indicateur de la police, surnommé Robert et soupçonné, dans le cadre du deuxième dossier, d’avoir participé à l’écoulement de la drogue après son vol au « 36 » dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014.

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« On tente de jeter la suspicion sur le travail des policiers », a répliqué la magistrate du parquet dans son réquisitoire, pour qui cette « théorie du complot ne tient absolument pas ».

De « multiples contacts et de multiples fournisseurs »

Selon elle, le dossier démontre à l’inverse de « multiples contacts et de multiples fournisseurs » et ne se limite pas à ces 52 kilos volés.

Elle a évoqué la « formidable structure logistique » mise en place par une « équipe chevronnée » : des lignes téléphoniques dédiées, des voitures immatriculées aux noms de tiers.

Deux de ces voitures, utilisées pour les transactions, étaient équipées de caches sophistiquées. L’une d’elles, une petite Citroën C2, surnommée la « C », était ainsi équipée d’un espace aménagé derrière l’airbag passager, qui s’ouvrait grâce à une commande électrique située sous le siège.

Cinq policiers renvoyés en correctionnelle

Pour le faire fonctionner, il fallait allumer les phares de la voiture et l’autoradio, à un certain volume.

Le procès se poursuit jusqu’à vendredi avec les plaidoiries des avocats des principaux prévenus.

Dans l’enquête qui concerne le vol de la cocaïne, le parquet de Paris a requis récemment le renvoi devant le tribunal correctionnel de 11 personnes, dont cinq policiers.