Policiers tués sur le périphérique: Le parquet général fait appel de la condamnation du chauffard

JUSTICE Le chauffard a été condamné à douze ans de prison mercredi par la cour d'assises de Paris...

20 Minutes avec AFP

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La cour d'assises spéciale de Paris
La cour d'assises spéciale de Paris — MEHDI FEDOUACH / AFP

Le chauffard ivre et sans permis qui avait tué deux policiers en février 2013, en percutant leur voiture sur le périphérique parisien, a été condamné mercredi à douze ans de prison par la cour d'assises de Paris. Mais le parquet général de Paris a annoncé jeudi qu'il allait faire appel de cette condamnation à 12 ans. Un troisième policier avait été grièvement blessé dans l'accident.

17 ans requis

L'avocat général Julien Eyraud avait requis mercredi une peine de 17 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers devant la cour d'assises de Paris. 

«Au regard de l'extrême gravité des faits commis volontairement au préjudice de trois policiers agissant dans l'exercice de leurs fonctions, le parquet général de Paris a décidé d'interjeter appel de l'arrêt de la cour d'assises», a annoncé le parquet général dans un communiqué. La condamnation à 12 ans de réclusion de l'accusé, Malaminne Traoré, 25 ans, avait provoqué de vives réactions des familles des victimes qui avaient dénoncé une peine sans rapport avec la gravité des faits. Les nombreux policiers présents, visages tirés, certains portant des tee-shirts noirs frappés des prénoms des victimes, avaient également marqué leur réprobation en se regroupant dans un silence pesant.

Un multirécidiviste qui conduisait en état d'ivresse

Malaminne Traoré comparaissait pour «violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner», un crime passible de 20 ans de réclusion. «La violence manifestée» par l'accusé est «la macabre consécration d'un comportement asocial», avait dénoncé l'avocat général. L'accusé est un multirécidiviste qui totalisait déjà dix condamnations, dont sept pour conduites sans permis, souvent en état d'ivresse. Le 21 février, Malaminne Traoré sortait d'une discothèque. Il avait 1,4 gramme d'alcool par litre de sang, près de trois fois la limite légale, et était en défaut de permis.

«Si mes réquisitions sont aussi lourdes, presque inhabituelles, c'est aussi parce que les victimes sont des policiersqui sont là pour nous protéger», avait justifié le représentant du ministère public. «La République leur doit aussi une certaine protection et votre décision aura aussi du sens pour cela», avait-il lancé à la cour.