Cannabis importé en France: L’opération organisée par les «Stups» sans l’accord de la justice

DROGUE Plusieurs policiers impliqués dans cette affaire pourraient bientôt être entendus par l’Inspection générale de la police nationale…

H. B.

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Illustration de résine de cannabis.
Illustration de résine de cannabis. — S. Ortola / 20 Minutes

Où se situe la ligne rouge en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants ? Sous couvert d’une opération d’infiltration secrète baptisée « Janissaire » destinée à démanteler des réseaux de trafiquants, l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) a directement supervisé l’importation d’au moins 40 tonnes de cannabis en octobre 2015, révèle Libération. D’après le quotidien, cette opération a été menée par les policiers sans l’aval de la justice française.

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Ce « trafic d’Etat » a été mis au jour en octobre 2015, après la saisie spectaculaire de près de 7 tonnes de cannabis en plein Paris. En mai dernier, l’ex-patron de la lutte antidrogue française, François Thierry, avait alors été mis en cause dans ce « trafic » et accusé d’avoir facilité l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis.

« Nous n’avons été informés d’aucun transport de stupéfiants »

D’après Libération qui a pu se procurer des mails et des notes internes, ce système mis en place au plus haut niveau de la hiérarchie policière aurait totalement échappé au contrôle judiciaire. « Nous n’avons été informés d’aucun transport de stupéfiants », a expliqué aux magistrats enquêteurs Bertrand Grain, le juge lyonnais en charge du dossier.

« Nous n’aurions jamais accepté la livraison d’une seule tonne de cannabis sous couvert de l’opération d’infiltration. Il était convenu que les convois de stups s’inscrivant dans ce cadre ne devaient concerner que quelques centaines de kilos de cannabis », explique le juge à Libération. En théorie, ces convois auraient dû faire l’objet d’une commission rogatoire spécifique, ce qui n’a pas été le cas.

Plusieurs policiers impliqués dans cette affaire devraient bientôt être entendus par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui d’après Libération, vient d’être co-saisie du dossier.