Moi(s) sans tabac: «La cigarette me fait encore de l’œil, mais ce n’est pas insurmontable»

VOUS TEMOIGNEZ Alors que l'opération Moi(s) sans tabac prend fin, «20 Minutes» a demandé à ses internautes s'ils avaient suivi l'expérience et grâce à quels outils...

Oihana Gabriel et Tristan Lescot

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Illustration d'une cigarette écrasée pour le Mois sans tabac.
Illustration d'une cigarette écrasée pour le Mois sans tabac. — Pixabay

L’opération a fait un tabac. Du moins pour certains fumeurs, qui grâce à Moi(s) sans tabac ont réussi à éteindre leur dernière cigarette. Pour la première fois, le ministère de la Santé a proposé aux Français de dire adieu aux cigarettes ensemble, avec quelques coups de pouce en novembre. Arrivée à la fin de l’expérience, quel est le ressenti de nos internautes ?

Certains se plaignent de sautes d’humeur, d’autres reconnaissent qu’ils ont abandonné en cours de route. Mais trois d'entre eux, qui tiennent toujours sans tabac, ont confié à 20 Minutes à quel point l’initiative et les outils proposés (calendrier, livret, exercices de respiration...) les ont convaincus… ou pas.

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« Une excellente idée à renouveler »

Pour ces trois fumeurs, l’initiative d’encourager pendant un mois tous les fumeurs à s’arrêter ensemble est bienvenue. « Le concept du mois sans tabac est une excellente idée à renouveler», assure Olivier, 24 ans.

Pour cet étudiant, qui fume régulièrement depuis environ cinq ans, l’aventure collective a été un déclencheur. « Quelques semaines avant novembre, j’avais entendu parler de cet événement et cela faisait quelques mois que je songeais à arrêter, je me suis dit pourquoi pas !, raconte cet étudiant ingénieur à Nancy, qui a téléchargé l’application et s'est inscrit sur le site. »

Une idée également saluée par Jérôme, 31 ans : « On devrait parler davantage de ce mois sans tabac dans les médias ».

« Sans le tapage médiatique, j’aurais sans doute oublié ma motivation »

Lucie a touché sa première cigarette à 12 ans. A 28 ans, la jeune femme a profité de ce Moi(s) sans tabac pour sauter le pas : « je ne supportais plus l’odeur de tabac dans mon appartement. Je pensais m’arrêter en janvier et en voyant toutes ces informations sur Moi(s) sans tabac, je me suis dit, pourquoi attendre ? »

Le 1er novembre, à midi, Lucie a fumé sa dernière cigarette et depuis, elle tient le coup. «  Sans le tapage médiatique, j’aurais sans doute oublié ma motivation en route. On se dit qu’on n’est pas tout seul… Et c’est sûr, je ne replongerai pas ! »

Des outils vraiment utiles ?

Si le côté collectif du Moi(s) sans tabac les a aidés, tous ne trouvent pas les coups de pouce appropriés. « Je ne pense pas que les outils puissent vraiment aider, la motivation, elle vient de nous, souligne Lucie. Qui est très fière d’avoir réussi à arrêter sans l’aide de personne.

« Par exemple, ils conseillent de faire une croix sur le calendrier, personnellement ça me rappelle à quel point c’est un effort au lieu de me faire penser à autre chose. »

Olivier se montre également très critique. « L’application et le site, qui proposaient des minijeux et petits conseils ne servent franchement pas à grand-chose, malgré une réelle bonne volonté. On y trouve par exemple des vidéos de prétendus anciens fumeurs qui ne sont probablement que des acteurs vu qu’il n’y en a que deux et qu’ils tournent dans des vidéos différentes en racontant des histoires pas toujours identiques. »

Vidéo choc ou cigarette électronique

Mais déclencheurs et accompagnements utiles varient selon les fumeurs. En effet, c’est une vidéo qui a provoqué le déclic chez Lucie. « Je crois que c’était sur la page Facebook de tabac-info-service. On y explique qu’au bout de quinze ans on recouvre une santé normale. J’ai fait le calcul : j’aurai 43 ans, sans doute des enfants et j’ai envie qu’ils aient une mère en bonne santé ! »

Pour Olivier, une seule vraie solution : la cigarette électronique. « Cela m'a juste conforté sur l’utilisation de la cigarette électronique, tout de même conseillée comme substitut sur le site tabac-info-service. J’aurai aimé plus de publicité sur la cigarette électronique, qui est conseillée par beaucoup de grands tabacologues. »
 

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Consultations, kit et patchs

Jérôme, 31 ans, en revanche, a apprécié le kit. Mais lui n’a pas attendu le mois de novembre pour se lancer dans le défi : dès le 9 octobre, il a dit adieu à son paquet quotidien et retiré le kit en pharmacie. Et il n’a pas craqué depuis 51 jours. « Cela faisait deux ans que je voulais arrêter, confie le jeune-homme. Mais c’est typiquement le truc qu’on repousse. »

C’est la campagne sur le Moi(s) sans tabac qui l’a convaincu. « Le déclic, ça a été une phrase dans un petit bouquin donné dans le kit qui disait que le chemin serait long et difficile mais qu’au bout, c’est la liberté. Et Jérôme a mis toutes les chances de son côté… avec succès. « Le calendrier avec un conseil chaque jour m’a aussi aidé. Je n’ai pas vraiment l’habitude de faire ça, mais par exemple on nous encourageait à nous regarder dans un miroir pour se dire qu’on est fier de soi.

Jérôme a également profité des cinq consultations gratuites avec un tabacologue, utilisé des patchs, téléchargé quatre applications sur son téléphone. « Notamment stop tabac, qui propose un chat où on s’encourage les uns les autres.» Et cet ancien gros fumeur l’assure : le tabac, c’est derrière lui. « La cigarette me fait encore de l’œil, mais ce n’est pas insurmontable. »