Affaire Fiona: Peine maximale requise à l'encontre de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf

PROCES La cour d’assises du Puy-de-Dôme doit rendre son verdict, ce vendredi soir, à l’encontre de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf…

Vincent Vantighem

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La mère de Fiona et son ex-compagnon, qui avaient fait croire à l'enlèvement de cette enfant de cinq ans, avant d'avouer sa mort, comparaissent lundi devant les assises du Puy-de-Dôme, sans que le corps ait été retrouvé.
La mère de Fiona et son ex-compagnon, qui avaient fait croire à l'enlèvement de cette enfant de cinq ans, avant d'avouer sa mort, comparaissent lundi devant les assises du Puy-de-Dôme, sans que le corps ait été retrouvé. — Benoit PEYRUCQ / AFP

« Je suis le magistrat qui doit requérir contre ce couple infernal. » Raphaël Sanesi de Gentile, l’avocat général, a réclamé, ce vendredi, la peine maximale à l’encontre de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, jugés depuis le 14 novembre pour les « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » de Fiona, 5 ans, en 2013.

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Il a donc demandé une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté des deux-tiers (20 ans). L’avocat général requiert également au jury de les condamner à un suivi sociojudiciaire de 20 ans. A l’égard de Cécile Bourgeon, la mère de la fillette, qu’il a décrit comme « la patronne » du mensonge, il s’est montré encore plus sévère, réclamant le « retrait total de l’autorité parentale » à l’égard de ses deux autres enfants.

Ce n’est pas un « magistrat de la rue »

Parfois confus, basculant de l’un à l’autre des deux accusés et remontant une chronologie des faits toujours sujette à caution, l’avocat général a reconnu la difficulté de requérir une peine dans cette affaire « en l’absence du corps » que les accusés ont avoué avoir enterré. Refusant d’être perçu comme un « magistrat de la rue », il a pourtant eu du mal à démontrer clairement les faits reprochés à Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, que ces derniers ont tout bonnement nié pendant deux semaines.

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Mais, pour lui, « peu importe [finalement] si l’un a mis trois coups et l’autre un seul… Les deux [accusés] ne font plus qu’un. Le résultat de cette dynamique de violences constitue la coaction, l’entendement de ’Elle’ et de ‘Lui’», a-t-il indiqué pour justifier le fait de requérir la même peine à l’égard des deux accusés partageant le box. D’ailleurs, il a même qualifié la fillette de « boule de flipper entre deux manettes [accusés] ».

Il rend hommage à la dignité du père

Car, il en est convaincu, « Fiona a reçu les quatre mains de la dyade infernale » jusqu’à ce « qu’elle se referme dans son lit toute seule, qu’elle disparaisse et meure. » En conclusion, il a d’ailleurs rappelé que les proches de la fillette – au premier lieu desquels, son « digne père » – ne pouvaient toujours pas, aujourd’hui, « embrasser la pierre tombale de Fiona ».

A l’énoncé de ces réquisitions, les deux accusés n’ont pas cillé. L’audience doit reprendre à 13h par les plaidoiries de la défense. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf auront, ensuite, droit « aux derniers mots » avant que le jury ne se retire pour délibérer. Le verdict devrait être rendu dans la soirée.

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