Flash-Ball: De 10 mois à trois ans de prison avec sursis requis contre trois policiers

JUSTICE Six manifestants avait été blessés le 8 juillet 2009...

20 Minutes avec AFP

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Membre d'une patrouille de la police nationale UTEQ avec arme de poing de type flash ball.
Membre d'une patrouille de la police nationale UTEQ avec arme de poing de type flash ball. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les peines requises vont de dix mois à trois ans de prison avec sursis. Trois policiers étaient ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny, jugés pour avoir blessé six manifestants au Flash-Ball, dont l’un avait perdu un œil en 2009 en Seine-Saint-Denis.

Trois ans de prison avec sursis ont été requis contre le principal prévenu, accusé d’avoir éborgné par un tir de Flash-Ball Joachim Gatti, 41 ans, à Montreuil. Trois ans d’interdiction professionnelle et cinq ans d’interdiction de port d’armes ont aussi été requis à son encontre.

Quatre blessés parties civiles

Le parquet a réclamé dix mois contre les deux autres fonctionnaires, poursuivis pour « violences volontaires », ainsi que 18 mois d’interdiction professionnelle et cinq ans d’interdiction de port d’armes.

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Les trois prévenus étaient jugés pour des faits remontant au 8 juillet 2009. Les forces de l’ordre étaient intervenues ce soir-là pour repousser plusieurs personnes rassemblées devant une clinique désaffectée de cette ville de Seine-Saint-Denis, où elles s’étaient rendues après un « repas de soutien » à des squatteurs expulsés le matin même. Lors de cette intervention nocturne, trois policiers avaient tiré chacun à deux reprises avec leur Flash-Ball. Six blessés ont été recensés, dont quatre sont parties civiles au procès.

Légitime défense

Pour justifier leurs tirs, les trois fonctionnaires avaient invoqué la légitime défense, expliquant notamment avoir subi une « pluie de projectiles ». Une version mise à mal par les témoignages de riverains et les constations sur place qui n’ont pas fait état de dégradations ou de blessures chez les policiers, a répété dans son réquisitoire le procureur de la République Loïc Pageot.

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« Je vous demande de condamner des fonctionnaires de police qui ont fait usage de leurs armes, hors de toute situation de nécessité ou de légitime défense », a-t-il ajouté. « La société a besoin d’une police qui assure sa sécurité, mais aussi la liberté fondamentale de tous les citoyens », a-t-il encore dit.