Sciences Po: Des étudiants empêchent la tenue d'une conférence avec Florian Philippot

POLITIQUE «Ce n’est que partie remise: les fascistes seront défaits», a réagi sur Twitter le vice-président du Front national…

Marion Pignot

— 

Le vice-président du Front national Florian Philippot
Le vice-président du Front national Florian Philippot — FREDERICK FLORIN / AFP

Plusieurs dizaines d’étudiants de Sciences Po ont empêché, ce mardi soir, la tenue d’une conférence sur le thème de « l’Europe face à la mondialisation » à laquelle était invité le numéro 2 du Front national Florian Philippot.

« Une quarantaine d’étudiants ont organisé un sit-in en fin de journée dans le hall principal et devant un amphithéâtre de l’école d’études politiques », a indiqué Benjamin Duhamel, organisateur de ce « Grand Oral », un rendez-vous politique animé par trois associations étudiantes.

« Vouloir combattre les idées du Front national en les bâillonnant est absurde »

L’organisateur a ainsi déploré que « des étudiants de groupuscules d’extrême gauche aient empêché 500 personnes d’assister à ce débat […] au nom d’un combat contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie que par ailleurs nous respectons ».

De son côté, Florian Philippot a dénoncé sur Twitter l’annulation de l’événement, affirmant : « Ce n’est que partie remise : les fascistes seront défaits. »

 

Pour Benjamin Duhamel, l’annulation de la conférence « n’aura qu’une incidence : renforcer le discours anti-élite des militants et des élus du Front national ». « Vouloir combattre les idées du Front national en les bâillonnant et en les empêchant de parler est absurde », a estimé l’étudiant.

« En empêchant un débat avec Philippot, l’extrême gauche accrédite le FN qui aura l’occasion de se victimiser dans les médias… », a abondé sur son compte Twitter l’association « Les Républicains Sciences Po », proche du parti de droite.

L’Union des étudiants juifs de France s’est réjouie de l’annulation

Interrogée par l’AFP, la direction de Sciences Po a répondu que « l’événement n’était pas organisé à l’initiative de l’école mais d’associations étudiantes », se refusant à tout autre commentaire.

Dans un communiqué, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) s’est, elle, « réjouie de l’annulation de cette nouvelle tribune offerte au FN qui tentait de gravir une marche supplémentaire dans sa stratégie de dédiabolisation ».

>> A lire aussi : Le Front national à nouveau reconnu comme association à Sciences-Po