Policiers en colère: Le mouvement continue

SECURITE Une nouvelle manifestation de policiers est organisée ce jeudi à Paris...

Florence Floux

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Manifestation de policiers au Trocadéro, à Paris, le 20 octobre 2016.
Manifestation de policiers au Trocadéro, à Paris, le 20 octobre 2016. — BERTRAND GUAY / AFP

On en parle un peu moins, mais elle n’a pas disparu. La grogne des policiers continue un peu partout en France et doit se poursuivre ce jeudi, à Paris, où une nouvelle manifestation est prévue place de la Concorde à 21h30, mais aussi dans d’autres villes de France. Les policiers sont également appelés à s’associer aux pompiers qui doivent se rassembler à 13h place de la Nation, dans la capitale.

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Malgré les annonces de Bernard Cazeneuve et son plan pour la Sécurité publique de 250 millions d’euros, des fonctionnaires ont le sentiment de ne pas avoir été entendus. L’élargissement des conditions de légitime défense, qui fait partie des revendications des policiers en colère, a fait l’objet d’une concertation avec les syndicats. La directrice de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice a rendu ses conclusions lundi à Bernard Cazeneuve et Manuel Valls. La légitime défense des policiers pourrait ainsi être calquée sur celle des gendarmes. Le gouvernement doit désormais étudier ces conclusions pour les insérer dans un projet de loi.

« On a besoin de se structurer »

Mais sur le terrain, le scepticisme est difficile à vaincre. « En ce qui concerne la légitime défense, il n’y a pour le moment aucune avancée tant que ça n’a pas été acté », commente un fonctionnaire. De la même façon, aucune représentation des policiers en colère n’a pour l’instant été reçue par l’Intérieur, qui a travaillé avec les instances syndicales.

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L’association Mobilisation des policiers en colère (MPC) créée le 3 novembre est en train de s’organiser, comme l’explique sa présidente, Maggy Biskupski, dans une vidéo postée la semaine dernière sur le profil Facebook de l’organisation : « On a besoin de se structurer, créer une association, ça prend du temps. Il faut créer des entités locales avec des représentants dans les commissariats de France. »

Des entités locales dans toute la France

Le but est d’essayer de se faire entendre par un biais différent de celui des syndicats : « On n’est pas satisfaits de nos organisations, il faut tenter autre chose », explique encore la policière de 34 ans qui officie dans les Yvelines. A terme, le réseau d’associations pourra également déposer des demandes pour manifester auprès des préfectures, pour que celles-ci ne soient plus sauvages. Une manifestation nationale sera alors organisée.

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Robert Paturel, ex-négociateur du Raid à qui certains policiers frondeurs avaient demandé d’être le porte-parole du mouvement, s’est retiré, comme il l’annonçait le 5 novembre devant les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) où l’un des leaders du mouvement était entendu.

« Quand on ne parle pas comme les autres, on est catalogué »

Il s’avoue plutôt soulagé de ne plus être dans la lumière, même s’il est toujours en lien avec MPC et certains policiers. « Je faisais des formations gratuites pour la police, on me les a enlevées, indique-t-il. C’est pour les collègues que ça m’ennuie le plus. » Robert Paturel se dit également blessé par les suspicions de liens avec le Front national dont il a fait l’objet : « Quand on ne parle pas comme les autres, on est catalogué, considéré comme un facho. Il faut hurler avec les loups », regrette-t-il.

Bernard Cazeneuve se rendait en Essonne ce mercredi après-midi pour rencontrer les policiers. C’est dans ce département, à Viry-Châtillon, qu’a commencé le mouvement après l’attaque de quatre fonctionnaires de police aux cocktails Molotov au début du mois d’octobre.