Interpellations à Strasbourg et Marseille: Un attentat déjoué après plus de huit mois d'enquête

TERRORISME Les sept interpellations du week-end à Strasbourg et Marseille sont le fruit d’une enquête commencée en février 2016…

Florence Floux

— 

Vue en date du 15 novembre 2015 des locaux de la DGSI (Direction générale de la Sécurité Intérieure) à Levallois-Perret
Vue en date du 15 novembre 2015 des locaux de la DGSI (Direction générale de la Sécurité Intérieure) à Levallois-Perret — LIONEL BONAVENTURE AFP

Un nouvel attentat déjoué. C’est ainsi que Bernard Cazeneuve a présenté l’interpellation de sept personnes dans la nuit de samedi à dimanche, quatre à Strasbourg (Bas-Rhin) et trois à Marseille (Bouches-du-Rhône). Au cours d’une conférence de presse ce lundi, le ministre de l’Intérieur a salué « l’aboutissement du travail de la DGSI » qui « a permis de mettre en échec une action terroriste (…) sur notre sol ».

>> A lire aussi : «Ce sont des mensonges, c'est de la propagande du gouvernement, des flics, des journalistes»

Les perquisitions chez ces individus, âgés de 29 à 37 ans et de nationalités française, marocaine et afghane, ont permis de saisir quatre pistolets semi-automatiques, des munitions ainsi que des documents de propagande djihadiste. Autant d’indices qui pourraient démontrer une volonté de passer à l’acte rapidement sur le territoire. Tous les sept se trouvent actuellement en garde à vue dans les locaux de la DGSI, à Levallois (Hauts-de-Seine).

Un piège tendu par la DGSI

Ces arrestations sont le fruit d’une longue enquête qui a débuté au mois de février, lorsque la DGSI apprend qu’un commanditaire en Syrie prépare des attentats en France. Les investigations les mènent à la surveillance de cinq personnes basées à Paris, dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis. D’après nos informations venant confirmer les révélations de L’Obs, pendant de longs mois, les hommes du renseignement intérieur tentent de découvrir si ces cinq individus, présentés comme les « financiers » de l’opération, sont en contact avec un ou des commandos opérationnels.

>> A lire aussi : Un animateur périscolaire strasbourgeois interpellé

Pour ne pas prendre de risque pendant l’Euro, les policiers décident de les arrêter le 14 juin. Deux d’entre ont été déférés et sont actuellement incarcérés. La DGSI, aidée du Service interministériel d’assistance technique (Siat) poursuit ses investigations pour arrêter des complices éventuels. Les enquêteurs décident de tendre un piège pour tenter d’attirer les autres membres du réseau et mettent en place une cache d’armes dans le Val-d’Oise placée sous haute surveillance.

Deux passés par la Syrie

L’enquête marque le pas pendant de longs mois avant de connaître un nouveau rebondissement récemment. Deux équipes sont identifiées à Strasbourg et à Marseille. Les sept hommes qui la composent sont arrêtés par la DGSI dimanche à 3h du matin. L’un des quatre interpellés à Strasbourg est agent périscolaire dans deux écoles de la ville. Vacataire depuis 2005, il avait été titularisé en 2014. Deux des armes retrouvées se trouvaient à son domicile. A Marseille, seul de l’argent a pour le moment été retrouvé chez les personnes interpellées.

Si le ministre de l’Intérieur a indiqué que six des sept individus arrêtés étaient inconnus des services de renseignement, deux des quatre membres de l’équipe strasbourgeoise sont passés par la Syrie. Contrairement à ce qui a été avancé dimanche, le marché de Noël n’était pas visé par l’équipe alsacienne. Strasbourg n’aurait pas fait partie des cibles envisagées, qui n’ont pas été révélées par le ministre de l’Intérieur. L’enquête, qui se poursuit sous la direction du procureur de la République de Paris, « devra établir si l’attentat ainsi déjoué était une attaque coordonnée visant à frapper simultanément plusieurs sites sur le territoire », a conclu Bernard Cazeneuve.