Boris Boillon sera jugé en correctionnelle

JUSTICE Il doit notamment être jugé pour abus de biens sociaux, blanchiment de fraude fiscale, manquement à l'obligation déclarative de transferts de capitaux...

20 Minutes avec AFP

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L'ex-ambassadeur Boris Boillon
L'ex-ambassadeur Boris Boillon — FETHI BELAID / AFP

Le diplomate et ancien « Sarko boy » Boris Boillon, interpellé mi-2013 avec 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide sur lui, sera jugé le 23 mars devant le tribunal correctionnel de Paris, notamment pour « blanchiment de fraude fiscale ». L’ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, alors reconverti dans le consulting, avait été intercepté à Paris par les douaniers le 31 juillet 2013 alors qu’il s’apprêtait à monter dans un train, gare du Nord, à destination de Bruxelles.

Des activités professionnelles privées en Irak

De retour depuis peu au Quai d’Orsay, il devra répondre sur le banc des prévenus de « blanchiment de fraude fiscale », « faux et usage de faux », « manquement à l’obligation déclarative de transfert de capitaux » et « abus de biens sociaux », a appris lundi de source judiciaire. Le parquet de Paris a décidé de faire citer à comparaître le diplomate de 46 ans, à l’issue de son enquête préliminaire.

La loi impose de déclarer tout transfert international en liquide, à l’intérieur de l’Union européenne, au-delà de 10.000 euros, selon le code des douanes, qui prévoit sinon une amende égale au quart de la somme non-déclarée.

Boris Boillon avait expliqué aux enquêteurs que ces sommes provenaient de ses activités professionnelles privées en Irak, a précisé une source proche de l’enquête. D’après lui, ces prestations étaient rémunérées en liquide du fait des carences du système bancaire irakien.

L’origine des espèces n’a pas pu être retracée

Les investigations n’ont pas permis de retracer l’origine des espèces, a ajouté la source. Outre la non-déclaration des sommes, la justice le soupçonne de les avoir éludées au fisc et d’avoir produit un faux document pour justifier ces prestations. Des sommes qui ne sont pas ensuite rentrées en comptabilité dans sa société, a expliqué une source proche de l’enquête.