Attentats de novembre: Une « fausse victime » jugée ce lundi pour escroquerie

JUSTICE Grâce à de fausses déclarations, elle a tenté de duper le Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres structures…

20 Minutes avec AFP

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Nombreux hommages devant le Carillon, novembre 2015.
Nombreux hommages devant le Carillon, novembre 2015. — Tsuyoshi Matsumoto/AP/SIPA

Elle encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amende. Une jeune mère de famille, qui s’était fait passer pour une victime des attentats parisiens du 13 novembre auprès de plusieurs organismes, doit comparaître en correctionnelle ce lundi pour « faux » et « tentative d’escroquerie ».

La jeune femme âgée de 24 ans s’était présentée le 22 décembre 2015 au commissariat des Mureaux (Yvelines) pour porter plainte, prétendant faire partie des victimes d’une des attaques qui ont frappé la capitale.

« Gravement blessée à un bras »

Aux enquêteurs de la police judiciaire qui l’interrogent le 31 décembre, elle indique avoir été présente dans le bar « Le Carillon », dans le Xe arrondissement, dont la terrasse a été l’une des cibles des assaillants. Elle se dit « gravement blessée à un bras » et porte d’ailleurs un bras en écharpe, présente des certificats médicaux montrant qu’elle doit subir une greffe de peau, produit une photo de son bras prétendument blessé et ajoute qu’elle a perdue ce soir-là téléphone, carte bleue et autres effets personnels.

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Le hic, c’est que la jeune femme prétend « avoir été soufflée par une explosion », alors que la terrasse du bar a été attaquée au fusil d’assaut. Les enquêteurs de la PJ versaillaise se mettent alors en cheville avec la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) qui ne tarde pas à souligner de nombreuses « incohérences » dans son récit, ainsi que dans les pièces produites.

Faux certificat médical, fausse photo…

Le médecin prétendument à l’origine de son certificat médical ne l’a en réalité jamais reçue. Le nom de la jeune femme ne figure sur aucune liste de victimes admises à l’hôpital le soir du drame. La photo de « son » bras blessé, enfin, est retrouvée sur internet, mais… ce n’est pas le sien.

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Grâce à de fausses déclarations, elle a néanmoins tenté de duper le Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), ainsi que la Maison départementale de l’autonomie, qui aide les personnes handicapées. Brièvement placée en garde à vue en février, la jeune femme a reconnu les faits. L’affaire a déjà été renvoyée à deux reprises. La jeune femme doit également être jugée pour exercice illégal de la pharmacie.

Une autre jeune femme qui avait, elle, tenté de se faire passer pour une victime de l’attentat au Bataclan pour toucher 10.000 euros, a été condamnée en juillet par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois de prison avec sursis et à verser un euro de dommages et intérêts au FGTI.