Un ex-employé des pompes funèbres, soupçonné d'avoir voulu préparer un attentat, jugé ce vendredi

JUSTICE Lyes Darani, ancien employé d’une entreprise de pompes funèbres dans la région lilloise, avait été interpellé en octobre 2013…

H.S.

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Six hommes comparaissent à partir de ce vendredi 18 novembre et jusqu'au 22 devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Six hommes comparaissent à partir de ce vendredi 18 novembre et jusqu'au 22 devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. — LOIC VENANCE AFP

Trois années se sont écoulées entre l’interpellation à Lille, de Lyes Darani, ex-employé d’une entreprise de pompes funèbres dans le Nord-Pas-de-Calais soupçonné d’avoir voulu préparer un attentat en France, et l’ouverture de son procès, ce vendredi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Trois années marquées par plusieurs attaques terroristes meurtrières sur le territoire national et la judiciarisation croissante de terroristes présumés revenus de Syrie ou d'Irak. Mis en examen pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » le 15 octobre 2013, le Lillois comparaît ce jour aux côtés de cinq autres personnes.

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Un court séjour en Syrie

A l’époque, l’affaire suscite peu d’intérêt. Ce n’est qu’un an après son arrestation, en novembre 2014, que le nom de Lyes Darani réapparaît dans la presse. Une note interne de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure), consultée et diffusée en partie par RTL fait état de plusieurs projets d’attentats déjoués, dont l’un imaginé par le jeune homme jugé aujourd’hui. « Il y a tout juste un an, Lyes Darani était arrêté à Lille muni d’un mode d’emploi expliquant comment confectionner une bombe et d’une lettre en forme de caution religieuse pour commettre une action suicide », détaille RTL.

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La publication de cette note avait alors suscité l’indignation de Xavier Nogueras, l’avocat de Darani : « Les faits qui lui sont imputés ne concernent pas son dossier […]. Il n’y a ni lettre, ni élément de confection d’une bombe. Mon client crie son innocence depuis sa prison. Il avait un métier tout à fait normal lors de son arrestation », a-t-il indiqué auprès de Metronews. Soupçonné de s’être rendu en Syrie pendant quelques semaines en 2013 puis d’être revenu en France, le prévenu était étroitement surveillé par les services de renseignement après avoir avait attiré l’attention par « un comportement évoluant vers l’intégrisme religieux », selon La Voix du Nord.

La justice devrait également se pencher vendredi et jusqu’à mardi 22 novembre, sur le rôle joué par Lyes Darani dans le départ de plusieurs autres jeunes garçons de la région lilloise vers la Syrie.