Discriminations: «Un premier constat sombre» dans les entreprises testées, estime Myriam El Khomri

EMPLOI « Les hommes et femmes d’origine supposée maghrébine peuvent être clairement écartés des procédures de sélections », a déclaré la ministre du Travail…

20 Minutes avec AFP

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Les discriminations à l'emploi sont encore trop fréquentes.
Les discriminations à l'emploi sont encore trop fréquentes. — JAUBERT/SIPA

Un « premier constat sombre ». La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a dressé ce mercredi un premier bilan très mitigé du « testing » mené auprès d’une quarantaine d’entreprises pour lutter contre les discriminations au travail.

« Parmi la quarantaine d’entreprises de plus de 1.000 salariés testées, même si de bons élèves se distinguent, un premier constat sombre s’impose à nous :  les hommes et femmes d’origine supposée maghrébine peuvent être clairement écartés des procédures de sélections dans certaines entreprises », a déclaré la ministre, lors de la remise du deuxième rapport du groupe de dialogue sur le sujet, dont elle veut pérenniser l’action. Ce groupe créé il y a deux ans réunit associations et syndicats, mais les organisations patronales l’ont quitté en septembre.

El Khomri menace « de nommer les entreprises qui ont eu des pratiques discriminatoires »

La ministre a prévenu que si, après la communication des résultats détaillés du testing dans les semaines à venir, les entreprises ne prennent que « des mesures cosmétiques, nous nommerons celles qui ont eu des pratiques discriminatoires ».

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Ce testing était l’une des 18 mesures proposées en mai 2015 par le groupe de dialogue. Mercredi, ce groupe a remis 13 nouvelles propositions à la ministre du Travail et au ministre de la Ville, Patrick Kanner. Les trois organisations patronales ( Medef, CGPME, UPA) ont réaffirmé, dans un communiqué commun, « leur opposition ferme aux propositions », qu’elles jugent « dogmatiques ».

« Timidité des engagements ministériels » selon les syndicats

Parmi les propositions du groupe, plusieurs ont déjà été reprises par le gouvernement, comme la campagne de communication « Les compétences d’abord », l’action de groupe contre les discriminations ou la formation à la non-discrimination dans les entreprises de plus de 300 salariés. Le gouvernement souhaite désormais « accompagner » aussi les TPE-PME sur la formation, via les services « d’appui RH » créés par la loi Travail. Il lancera également en janvier une expérimentation sur les indicateurs de déroulement de carrière.

« Deux ans de réunions, de propositions des syndicats et le gouvernement annonce… une expérimentation », a dénoncé dans un tweet Sophie Binet (CGT), déplorant que la proposition de « registre des candidatures » dans les entreprises ait été écartée du rapport. FO a également déploré la « timidité des engagements ministériels », par exemple sur les indicateurs de déroulement de carrière, question qui aurait valu selon le syndicat « la publication rapide d’un décret ».