VIDEO. Le 13-Novembre, un an après : Les temps forts du concert de Sting au Bataclan

HOMMAGE La célèbre salle parisienne a repris vie samedi soir...

M.C.

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Sting au Bataclan, le 12 novembre 2016.
Sting au Bataclan, le 12 novembre 2016. — Boris Allin / Hans Lucas / AFP

La musique s’était brutalement tue le 13 novembre 2015. Un an après les attentats qui ont tué 90 personnes au Bataclan, et fait 130 morts en tout, la vie et la fête ont repris leurs droits avec un émouvant concert de Sting dans la salle de concert mythique, entièrement rénovée. 20 Minutes revient sur les temps forts de la soirée.

Salle neuve… et comble

Pour cette renaissance, le Bataclan a été refait à l’identique en huit mois de travaux. Pour ne rien garder de cette nuit tragique, tout a été changé « du toit au plancher, de la peinture aux carrelages ». Seul le hall d’entrée a été rendu plus lumineux qu’à l’origine. Et un « BATACLAN » en lettres rouges dansantes trône désormais sur la devanture.

Pour sa réouverture, le Bataclan a fait salle comble avec 1 500 spectateurs, dont certains confiaient néanmoins une certaine appréhension avant d’entrer dans la salle, dont l’accès avait été sécurisé par de nombreuses barrières et une présence importante de policiers.

Les messages (in a bottle) de Sting

C’est par une minute de silence, émouvante, que Sting a lancé son concert si particulier : « Ce soir nous avons deux tâches à concilier : d’abord se souvenir de ceux qui ont perdu la vie dans l’attaque, ensuite célébrer la vie, la musique dans ce lieu historique », a déclaré en français le chanteur britannique.

Pendant près d’1 h 30, le chanteur a tiré sourires et larmes sur les visages du public, en interprétant notamment Message in a Bottle :

Il était parfois accompagné sur scène du trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, comme ici pour Fragile :

Les spectateurs tombent dans les bras les uns des autres

Après les dernières notes de The Empty Chair, dédiée à James Foley, le journaliste américain lui aussi victime du terrorisme islamiste en 2014, nombre de spectateurs sont tombés dans les bras les uns des autres et ont longuement applaudi, célébrant autant la prestation toute en élégance de la star britannique que la renaissance de la salle parisienne.

« Ils ne gagneront jamais »

Une soirée à laquelle n’a pas assisté Jesse Hugues le chanteur des Eagles of Death Metal, le groupe américain qui était sur scène le 13 novembre 2015 : leur leader a été refoulé par la direction à l’entrée, avec un autre membre du groupe dont le nom n’a pas été précisé, en raison de ses déclarations polémiques en mars. « Il y a des choses qu’on ne pardonne pas », a tranché le codirecteur du Bataclan, Jules Frutos, en référence notamment à des soupçons exprimés par Jesse Hughes à l’encontre des vigiles du Bataclan. Le manager du groupe a cependant démenti que ses membres aient essayé de rentrer dans la salle. L’information est « fausse », « pas de commentaire », a-t-il déclaré.

Jules Frutos a jugé la soirée « émotionnellement bien » : « c’est comme un moment de bonheur fort, d’apaisement, et un super-équilibre » entre le souvenir du drame et l’avenir de la salle, a estimé le codirecteur du Bataclan.

« Ce n’est pas que le public qui va rouvrir le Bataclan, c’est la France entière », a estimé avant le concert l’urgentiste et ex-chroniqueur de Charlie Hebdo Patrick Pelloux. « Tous les restaurants ont rouvert, les bars ont rouvert. Charlie continue (…) Ils [les terroristes islamistes] ne gagneront jamais », a-t-il ajouté. La recette de ce premier concert sera reversée à deux associations de victimes : Life for Paris et 13-Novembre : Fraternité et Vérité.