Politique: Décès de Paul Vergès, doyen du Sénat, figure de La Réunion

DISPARITION Le sénateur Paul Vergès, 91 ans, fondateur du parti communiste réunionais, s'inquiétait des conséquences du changement climatique...

O.A. avec AFP

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Paul Vergès, président de l'observatoire national sur les effets du réchauffement, en 2010
Paul Vergès, président de l'observatoire national sur les effets du réchauffement, en 2010 — MEIGNEUX/SIPA

Il était le doyen du Sénat. Paul Vergès, grande figure de l’île de la Réunion, est mort dans la nuit de vendredi à samedi, à l’âge de 91 ans, au centre hospitalier de Bellepierre, à Saint-Denis de la Réunion.

Frère de l’avocat Jacques Vergès, décédé en 2013, Paul Vergès avait été élu pour la première fois conseiller général en 1955, et député en 1956.

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Il a souvent été qualifié d’homme politique « visionnaire », y compris par ses adversaires politiques. Il a ainsi été l’une des premières personnalités à mettre en garde contre les effets du réchauffement climatique, participant à la création d’un observatoire sur le sujet en 2001.

Engagé pour l’autonomie de La Réunion

Paul Vergès s’était engagé très tôt dans le sillage de son père, proche du Parti communiste français (PCF) : Il n’avait que 17 ans lorsqu’il s’est engagé dans les Forces Françaises Libres. Sa mère, d’origine vietnamienne, est morte en 1928.

Le tournant de sa carrière est intervenu en 1959, lorsqu’il a quitté le PCF pour fonder le parti communiste réunionnais, afin, disait-il, de « mieux ancrer la revendication identitaire » de son île.

Défendant, dès lors, l’autonomie contre la départementalisation (La Réunion est un département d’Outre-Mer depuis 1946), il a été condamné à plusieurs reprises pour des délits de presse et atteintes à la sûreté de l’Etat, notamment durant la Guerre d’Algérie. Il a alors passé 28 mois dans la clandestinité.

Hommages à droite comme à gauche

En plus d’un demi-siècle de vie publique, il a été conseiller général, député (1956, 1986, 1993), sénateur (1996-2005, 2011-2016), parlementaire européen (1979-1989, 2004-2007), maire (1971-1989), président de région (1998-2010).

« Visionnaire, il inscrivait ses préconisations pour la Réunion, pour les Outre-mer et pour la France dans une analyse éclairée des évolutions démographiques, économiques et sociales du monde actuel », a réagi le président de la République François Hollande.

Sur Twitter, le premier ministre Manuel Valls a estimé que sa voix allait « manquer » dans le débat politique.

A droite, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont eux aussi réagi. « Nos divergences politiques étaient connues. Je veux toutefois dire mon respect pour le parcours de Paul Vergès, infatigable militant de l’idée qu’il se faisait de la liberté et de l’émancipation réunionnaises », a ainsi écrit l’ancien président.

A la suite de ce décès, le doyen du Sénat est désormais Serge Dassault (LR), élu de l’Essonne, également âgé de 91 ans.