Le 13 novembre, un an après: «Nous appelons à allumer une bougie à sa fenêtre en signe de souvenir»

MEMOIRE L'association 13onze15 : fraternité et vérité a tenu une conférence de presse ce jeudi...

Florence Floux

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Des bougies et une Tour Eiffel miniature déposées près du Bataclan deux jours après les attentats de Paris, le 15 novembre 2015
Des bougies et une Tour Eiffel miniature déposées près du Bataclan deux jours après les attentats de Paris, le 15 novembre 2015 — MIGUEL MEDINA AFP

La date approche. Les commémorations des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) auront lieu ce dimanche. Pour cette raison, l’association 13onze15 : Fraternité et vérité a pris les devants ce jeudi. Submergés par les questions de la presse, ils ont organisé une conférence de presse dans la capitale pour que les cérémonies de dimanche ne soient consacrées qu’au recueillement.

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Après avoir rappelé que dimanche matin auraient lieu des dévoilements de plaques avec les noms de toutes les victimes à Saint-Denis et à Paris, sur tous les lieux touchés par les attentats, Georges Salines, président de l’association, a lancé un appel : « On demande à tout le monde de mettre une bougie à sa fenêtre à la tombée de la nuit dimanche, le 13 novembre, en signe de souvenir envers les victimes. »

Un bilan plutôt négatif

L’heure était surtout au bilan, un an après les attaques qui ont tué 130 personnes et blessé 351. L’association s’est félicitée de la création qu’elle avait appelée de ses voeux du secrétariat d’Etat aux victimes et de certaines avancées concrètes : mesures fiscales, amélioration de la prise en charge psychiatrique et psychologique, droit pour les associations de se constituer parties civiles. « Mais il y a encore beaucoup de choses à faire », a lancé Georges Salines.

Parmi les plus importantes, la création d’un poste supplémentaire au conseil administratif du Fonds de Garantie des victimes des actes de terrorisme et autres infractions (FGTI), en charge de l’indemnisation, pour que le secrétariat d’Etat aux victimes y siège. « L’Etat dispose de quatre sièges, mais aucun ne représente le FGTI. Il faut doter le FGTI d’une administration centrale qui puisse assurer la pérennité du secrétariat », estime Georges Salines. Tout gouvernement peut effectivement prendre la décision de faire disparaître le secrétariat d’Etat aux victimes, pour le moment.

L’âpre lutte pour l’indemnisation

Outre les problèmes liés au secrétariat d’Etat, l’association a rappelé l’existence d’inégalités de traitement entre les victimes et leurs proches auprès de la sécurité sociale, certains se voyant rembourser leurs frais médicaux, d’autres peu ou pas du tout. Georges Salines a dénoncé une nouvelle fois les difficultés d’indemnisation des victimes par le FGTI, qui formule des propositions forfaitaires, alors même que Juliette Méadel, la secrétaire d’Etat, a prêché lundi en faveur d’une indemnisation intégrale, et donc individualisée.

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Interrogés sur le concert de Sting pour la réouverture du Bataclan, samedi soir, plusieurs membres de l’association ont indiqué que la date du 12 novembre ne les choque pas. Georges Salines a lui-même indiqué qu’il serait présent : « Le Bataclan rouvre avec Sting, qui a dit qu’il s’agissait d’une démarche militante, de reconquête de cet espace par la vie et la fête contre des forces de mort. Ça m’a donné envie d’être là. »

Enfin l’association a profité de l’occasion pour évoquer la campagne présidentielle et encourager les candidats à faire de réelles propositions sur la prise en charge des victimes et la lutte contre le terrorisme.