Paris: Un policier jugé ce jeudi pour avoir frappé un élève du lycée Bergson

JUSTICE Il avait asséné un violent coup de poing sur le visage d’un lycéen durant les manifestations contre la loi Travail…

20 Minutes avec AFP

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Le lycée Henri-Bergson à Paris, dans le 19e arrondissement
Le lycée Henri-Bergson à Paris, dans le 19e arrondissement — Serge Pouzet/20 Minutes

Le fonctionnaire est poursuivi pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique. Un policier, qui avait frappé un élève du lycée parisien Bergson, comparait ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. « Lève-toi ! Lève-toi ! » avait lancé le policier au lycéen avant de lui asséner un violent coup de poing sur le visage.

En pleine vague de manifestations contre la loi Travail, cet incident, survenu le 24 mars près du lycée Bergson (dans le XIXe arrondissement de Paris), était devenu l’une des affaires emblématiques des violences reprochées aux forces de l’ordre pendant la mobilisation.

Des poursuites rendues possibles grâce à la vidéo de la scène

Selon l’avocat de l’adolescent de 15 ans, Me Arié Alimi, les poursuites pour violences policières sont « assez rares ». De plus, « ce sont des enfants », « comment expliquer cette dérive ? », s’interroge l’avocat. Pour lui, sans la vidéo de la scène, ce dossier ne serait pas arrivé si rapidement devant un tribunal, voire n’y serait pas arrivé du tout. Son client a eu le nez cassé, indique l’avocat.

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La vidéo montre le lycéen à terre, entouré de policiers qui le somment de se lever, avant de lui prendre les bras pour le remettre debout. C’est alors qu’un policier casqué lui porte un violent coup de poing au visage, qui fait basculer et tomber l’adolescent, tandis que l’on entend les exclamations de jeunes assistant à la scène. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’était dit « choqué » par la scène.

« J’aimerais comprendre pourquoi il a fait ça »

Quelques jours après les faits, le policier avait été placé en garde à vue à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale, la « police des polices »), avant de ressortir avec une convocation devant le tribunal. Face à l’IGPN, le policier a reconnu « avoir usé à tort d’une force disproportionnée », selon le quotidien Libération. Son avocat n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience.

Plus de sept mois après les faits, le lycéen est encore « traumatisé ». Il a déclaré aller « un peu mieux », indique France Info. De ce procès, le jeune homme n’en attend « pas grand-chose », seulement de « comprendre pourquoi il a fait ça. Après, je passerai à autre chose. »