Affaire Fiona: La mère de l'enfant assure avoir «perdu pied» après avoir été violée en 2012

JUSTICE La mère de Fiona a été victime d’un viol un an avant la mort de sa fille qui lui vaut de comparaître, à partir de ce lundi, devant la cour d’assises de Riom (Puy de Dôme)…

Vincent Vantighem
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Riom (Puy de Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy de Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. — Thierry Zoccolan / AFP

C’est l’une des premières choses que Cécile Bourgeon a dites aux enquêteurs après avoir déclaré la « disparition » de Fiona. « J’ai été victime d’un viol il y a quelques mois. Depuis, je suis plus renfermée. Je prends du Xanax [un anxiolytique] et fume du cannabis. »

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L’histoire de ce viol devrait constituer la principale ligne de défense de la mère de Fiona, dont le procès pour « violences ayant entraîné la mort » s’ouvre, ce lundi, devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme, à Riom, où elle va retrouver Berkane Makhlouf, son compagnon d’alors, également accusé.

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« Ce viol, c’est le point de départ de sa descente aux enfers, assure Gilles-Jean Portejoie, l’avocat de la jeune femme âgée de 29 ans. A partir de là, elle a perdu pied. » Plus d’un an avant d’avouer la mort de sa fille, Cécile Bourgeon a été violée par l’une des connaissances de son petit ami qu’elle raccompagnait chez lui après une soirée en boîte de nuit à Clermont-Ferrand. Egalement accusé d’un autre viol, l’auteur des faits a été condamné à 14 ans de réclusion le 8 septembre.

Une consommation « hors norme » de stupéfiants

Visage bouffi, cheveux retenus par une pince, lors de cette audience où elle figurait sur le banc des victimes, Cécile Bourgeon est apparue métamorphosée par les trois années de détention qu’elle vient de vivre. « Elle avait une consommation de stupéfiants hors normes, explique son conseil. Et elle a tout arrêté en détention. » Une consommation qu’elle semble, d’ailleurs, avoir minoré dans un premier temps.

Cécile Bourgeon à Clermont-Ferrand le 16 mai 2013.
Cécile Bourgeon à Clermont-Ferrand le 16 mai 2013. - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Si elle a confessé, lors de l’une de ses premières auditions devant les enquêteurs, qu’elle fumait « un peu » de cannabis, l’une de ses amies d’enfance a expliqué qu’elle prenait, en fait, «  de l’héroïne depuis de nombreuses années ».

« Elle a le sentiment d’avoir été entendue par la justice »

Une consommation qui pourrait expliquer les faits qui lui sont reprochés ? « Cette consommation était vraiment énorme, reconnaît son avocat. Mais elle conteste toujours avoir porté le moindre coup à sa fille. Elle reconnaît avoir commis des négligences. C’est tout. »

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Quoi qu’il en soit, Cécile Bourgeon aborde son passage devant les assises sereinement. « Lors du procès de son violeur, elle a eu le sentiment d’avoir été entendue et crue par la justice, poursuit son conseil. Cela l’a rassurée sur le procès qui s’annonce dans l’affaire Fiona. » Même si, cette fois, c’est depuis le box des accusés qu’elle le suivra. Et qu’elle risque 30 ans de réclusion criminelle.