Plusieurs centaines de policiers manifestent, un mois après l'attaque de Viry-Châtillon

MANIFESTATION Devant la mairie de Viry-Châtillon, ils portaient des cible accrochées dans le dos pour dénoncer la violence «continue» qu'ils subissent...

20 Minutes avec AFP

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Une policière porte une cible pour dénoncer la violence que subissent les forces de l'ordre, à Viry-Châtillon, le 8 novembre 2016.
Une policière porte une cible pour dénoncer la violence que subissent les forces de l'ordre, à Viry-Châtillon, le 8 novembre 2016. — MIGUEL MEDINA / AFP

Le mouvement de grogne des policiers continue, un mois jour pour jour après l’attaque aux cocktails Molotov contre quatre agents à Viry-Châtillon ( Essonne). Mardi, plusieurs centaines d’agents ont une nouvelle fois manifesté mardi dans plusieurs villes.

Devant la mairie de Viry-Châtillon, environ 250 policiers soutenus par des pompiers, une cible accrochée dans le dos pour dénoncer la violence « continue » qu’ils subissent, se sont rassemblés en silence dans la soirée.

« Tous les jours, des policiers sont caillassés dans les cités »

« On sent une montée de la violence. Tous les jours, on est la cible des délinquants et des criminels », dit un policier du département. « Tous les jours, des policiers sont caillassés dans les cités, sans parler des insultes verbales », ajoute-t-il, après avoir entonné la Marseillaise avec les autres manifestants. Le 8 octobre, deux policiers avaient été grièvement brûlés dans une attaque contre leur véhicule par une quinzaine d’agresseurs, qui n’ont pas encore été retrouvés.

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Bravant leur devoir de réserve, hors cadre syndical, les « policiers en colère » réclament depuis plus d’effectifs, davantage de moyens, des peines sévères pour leurs agresseurs et un assouplissement des règles de légitime défense avec un alignement sur celles s’appliquant aux gendarmes.

Mobilisation de Calais à Nice

« Aujourd’hui toute personne représentant l’Etat de près ou de loin est visée par la violence, même les pompiers, on est à bout, faut pas s’étonner qu’il y ait tant de suicides dans la police », a dénoncé une policière à Marseille, où quelque 150 manifestants se sont rassemblés dans l’après-midi. Même participation à Dijon, Béziers et Nantes, alors qu’à Brest, ils étaient une centaine de manifestants.

Plusieurs dizaines de policiers et pompiers ont également manifesté à Calais, Nice, Angers, Strasbourg, Mulhouse ou encore Metz. A Bordeaux, où quelque 80 manifestants se sont réunis devant l’Hôtel de Ville, un major de police explique ne pas se faire « d’illusions pour la suite » malgré les promesses gouvernementales, évoquant aussi des « pressions croissantes » de la hiérarchie pour dissuader les frondeurs de continuer à manifester.

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Avec ce mouvement né à six mois de la présidentielle, l’opposition tire à boulets rouges sur le gouvernement, qui peine à apaiser la colère des forces de l’ordre. Favori des sondages pour la primaire de la droite, Alain Juppé est allé mardi à la rencontre de policiers à Viry-Châtillon, promettant dans « une lettre ouverte aux forces de l’ordre », une loi « sécurité et justice » dès le début du quinquennat, s’il est élu.